• 2014, pas un élu pour le FN

    1 Le Bilan des villes gérées par le FN ou ayant appliquées son programme

    2 Même avec des élus honnêtes, le projet du FN demeure une impasse sociale !

    3 Les liens du FN avec l’extrême droite radicale

    4 Pour combattre la bête immonde

     

    1 Le Bilan des villes gérées par le FN ou ayant appliquées son programme

    Le bilan financier des villes de Vitrolles, Marignane et Toulon, témoigne de hausses d’impôts et d’un endettement important après le passage du FN aux commandes.  

    Les municipalités de ces villes, ainsi que celles d’Orange et Bollène, ont également servi de vitrine idéologique de l’extrême droite. La mairie de Vitrolles à ainsi mené une propagande nataliste et nationaliste, en versant prime de naissance de 5000 francs aux enfants de familles françaises. Elle a également attribué des subventions à des associations défendent l’identité nationale et supprimé les financements normalement attribués aux syndicats et aux associations, et expulsé de leurs locaux les associations étrangères.

    A Toulon, les subventions des associations sociales et étrangères ont été revues à la basse, tandis que la municipalité à soutenu des associations insignifiantes, telles que les amis des chats (plutôt que la LPO ou l’Observatoire de la biodiversité), et remplacé les services publics par des associations écrans du FN, tels que les « jeunesses Toulonnaises ».

    Le FN et ses alliés ont mené une politique de censure et de préférence idéologique dans les bibliothèques. A l’image des bibliothèques d’Orange et Marignane, on constate l’entrée des quotidiens Minute et Rivarol et la disparition des quotidiens de gauche, une multiplication d’ouvrages conspirationnistes, antisémites, négationnistes et révisionnistes historiques, des livres sur les bonnes vieilles traditions, des mémoires de Frigide Barjot.

    L’augmentation des effectifs et moyens de la police ainsi que le développement de la vidéosurveillance à Vitrolles n’ont eu aucun effet sur l’insécurité. Toujours à Vitrolles, 5 conseillers municipaux ont été mis en examens suite à des agressions de grévistes (comme quoi, la violence ne vient pas toujours de ceux que l’on pense).   

    A Orange, Bombard multiplie les manœuvres politiciennes illégales ou malhonnêtes. Il mène un politique de harcèlement des quartiers populaires se manifestant par la suppression des lignes de bus à destination du centre ville en période de vacances, et l’interdiction d’utiliser les stades de foot. Des travaux sont laissés en plan dans les immeubles et devant la mosquée. Les centres sociaux ont été fermés. La police a été suréquipée et multiplie les contrôles au faciès. Bompard instrumentalise le journal municipal et manipule les statistiques à des fins idéologiques. Il a été jusqu’a organiser un référendum pour empêcher un projet d’installation d’une mosquée, projet qui, en réalité, n’avait jamais existé.

    Si le FN et ses comparses sont adeptes de la dénonciation des élites corrompues profitant du système, ils ne sont pas en reste de ce côté. Catherine Mégret à ainsi été accusée de détournement de fonds publics et condamnée, en 2006, à 50 000€ d’amende. La mairie de Toulon a pratiqué des détournements de fonds du service jeunesse. Jacques Bompard, député maire d’Orange, n’est quant à lui pas en reste en manière de détournements de fonds (http://www.midilibre.fr/2011/10/18/orange-les-tres-exotiques-depenses-du-maire-jacques-bompard-ex-fn,404275.php). Les élus FN et affiliés sont à l’image de leur leader historique. Par exemple, en 1995, Jean-Marie Le Pen avait été « condamné à un redressement de 1,4 million de francs pour « oublis de plus-value boursière et sous-estimation de loyer » » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Le_Pen#Condamnations). De même, la manière dont il a construit sa fortune demeure extrêmement controversée (http://www.politique.net/2007122602-enquete-sur-la-fortune-de-le-pen.htm).

     

    Sources pour cette partie :

    Sur les villes gérées par l’extrême droite :

    http://www.legrandsoir.info/ces-villes-gerees-par-l-extreme-droite.html

    http://rassembleurs.blogspot.fr/2012/05/le-bilan-noir-des-villes-gerees-par-le.html

    Pour la ville d’Orange, regarder le documentaire : « Mains Brunes sur la Ville » :

    http://www.youtube.com/watch?v=kw46Nt-U2nE, aussi sur ECR :

    http://esprit-critique-revolutionnaire.blogg.org/page-mains_brunes_sur_la_ville__video_-2395.html

     

    2 Même avec des élus honnêtes, le projet du FN demeure une impasse sociale !

    Les programmes se succèdent, se contredisent même parfois. Au début des années 80, le père Le Pen ne jurait que par le néolibéralisme des Reagan et Thatcher, avant que le FN ne prenne, entre autres sous l’impulsion de Mégret, un virage social durant les années 90, ligne qu’il défend ardemment depuis. La fille Le Pen explique aujourd’hui que le FN défendait le néo-ultra-libéralisme contre les excès de socialisme ou de communisme de l’époque, tandis qu’aujourd’hui, il défend une politique sociale contre les excès de ce même néolibéralisme. Explication de complaisance. Les effets dévastateurs du néolibéralisme avaient déjà été identifiés à l’époque, et le FN savait très bien ou mènerait cette situation. Il est donc tout autant responsable que le PS ou l’UMP d’avoir contribué à la mise en place de cette situation.  Ensuite, on est en droit de se demander où le FN à-t-il perçu des excès de socialisme dans le Keynésianisme de Gauche du PS, dans une politique qui n’est capable de ne redistribuer que de légers surplus de la croissance économique, et qui pratique la casse sociale lorsque cette croissance est absente. Sur ce plan, le FN s’inscrit dans le même schéma que l’ensemble des keynésiens, libéraux ou dé néolibéraux du PS ou de l’UMP. Il sait pertinemment que dans la période de récession et de crise économique actuelle, sa logique protectionniste et concurrentielle implique la destruction du code du travail et le recul de la protection sociale, afin de permettre aux riches de continuer de s’enrichir, et ce au prix de l’accroissement de la vulnérabilité économique, sociale et psychologique des classe populaires.

    Concernant la question de l’écologie, son programme demeure également à géométrie variable. Tantôt préoccupé, tantôt négationniste sur la question, le fond de commerce du FN à ce niveau demeure globalement la défense des terroirs, des paysages, des animaux de compagnie. Il a progressivement reculé sur la question des expérimentations animales et de l’usage de pesticides chimiques, pour étendre son électorat aux secteurs scientifiques, médicaux, et aux agriculteurs. Sa manière de se préoccuper de la relocalisation de la production et de la consommation, et les mesures qu’il propose à ce sujet constitue clairement des opérations de propagande nationaliste à destination d’électeurs écologistes sans repères politiques solides. Il propose en effet une renationalisation de la production et de la consommation, qui se manifesterait notamment par une série de taxes frontalières et sur les produits importés. Ça ne le dérange donc pas, par exemple, que l’on produise à Marseille et que l’on exporte dans le Nord Pas de Calais ce qui pourrait être échangé avec la Belgique ou le Luxembourg. Or il ne s’agit pas ici de favoriser les circuits courts, les échanges locaux, mais d’une logique qui concentrera la richesse, ou la misère (?/!) sur le territoire national. Comme on peut le constater, le FN se situe actuellement, d’un point de vue écologique, dans les schémas croissancistes suicidaires du Développement Durable, des Green Washing et autres Capitalismes Verts. Il semble également adepte du négationnisme climatique. Plutôt que d’admettre l’inéluctabilité de la décroissance, le FN, comme l’ensemble des défenseurs de la croissance, nous prépare une décroissance d’autant plus violente qu’elle sera subie, inégalitaire, et non maîtrisée démocratiquement.

    Au final, si les programmes du FN se succèdent et peuvent se contredire, le projet reste le même, comme en témoignent ses constantes depuis sa fondation dans les années 70. Depuis le départ, son fond de commerce demeure la restauration de la souveraineté nationale, et en particulier des élites nationales contre les élites étrangères, qu’elle qualifient de mondialistes, le conservatisme des mœurs, la dénonciation acharnée de l’immigration, la peur de l’étranger, des autres cultures, de la perte d’identité, la dénonciation des incivilités, l’appel à plus de police, de surveillance, de répression, et la volonté de détruire les outils de défense des mouvements sociaux, que sont ses syndicats combatifs, ses associations. En témoignes ses grandes campagnes actuelles contre l’islam au nom d’une certaine laïcité qui laisse le champ libre aux catholiques intégristes, et contre les homosexuels, aux cotés de ces mêmes catholiques intégristes. Marine Le Pen a bon dos de jouer le jeu de la stratégie du libre choix pour ses militants, et de désigner cette réforme comme perte de temps imposée par le gouvernement pour détourner l’attention quant aux problèmes économiques et sociaux. Encore une fois, il s’agit d’un argument de complaisance. Si la droite conservatrice, politique et religieuse, ne s’était pas autant opposée au projet progressiste du Mariage pour tous et d’égalité des droits, il aurait été plié en 2 mois, et l’on ne parlerait plus que des problèmes sociaux. Mais le FN à tout intérêt à ce que ce mouvement dure, puisqu’il lui sert de vivier de recrutement et de base électorale. Il à tout intérêt à ce que le gouvernement ne parle pas de problèmes économiques et sociaux hors des périodes électorales, car c’est là qu’il se prend les pieds dans le plat, se contredit, se révèle contre les travailleurs en lutte pour l’amélioration de leurs conditions d’existence. Sur ce terrain là, la vraie gauche est et restera toujours la plus à l’aise.

     

    Sources sur le négationnisme climatique du FN et de l’extrême droite:

    http://elus-rhonealpes.eelv.fr/2012/09/24/front-national-negationnisme-climatique/

    http://vivianericard.unblog.fr/2008/05/23/rechauffement-climatique-mythe-ou-realite/

    http://www.streetpress.com/sujet/230-fn-le-rechauffement-climatique-un-detail-pour-l-humanite

    http://www.nationspresse.info/non-classe/rechauffement-climatique-les-nouveaux-charlatans

     

    3 Les liens du FN avec l’extrême droite radicale

    En dépit de ses tentatives de dédiabolisation et de sa quête de respectabilité, le Front National reste très lié à l’extrême droite radicale. Nombre de ses cadres actuels sont des anciens d’Ordre Nouveau, d’Occident, du GUD.

    Les militants d’extrême droite radicale ou ultra droite, comme Egalité et Réconciliation, le Bloc Identitaire, ou encore Troisième Voie (dissoute récemment) participent régulièrement à des initiatives communes avec le FN, que ce soit des conférences débat (notamment organisées dans le bar « le local », tenu par Ayoub), des rassemblements (par exemple les manifs pour tous, ou les luttes anti-IVG), leur servent de service d’ordre, ou prêtent leurs noms pour remplir des listes électorales.

    Il existe également des corrélations entre la percée du FN et l’augmentation de la violence de l’extrême droite radicale. Lorsque le FN augment ses scores, les fascistes se sentent pousser des ailes.

    En témoignent les séances de séquestrations, de torture, voire de viol de militantes libertaires antifascistes, les destructions de Kebab, les agressions de personnes homosexuelles, de femmes voilées, l’attaque du domicile de militants écologistes, les tirs à balles réelles sur des militants défendant les droits des étrangers, les récentes agressions au poignard à Lyon, et l’assassinat impardonnable de Clément Méric.  

     

    Sources pour les liens entre le FN et l’ultra droite :

    Liens entre le FN et l’ultra droite :

    http://ldhcibp.wordpress.com/2013/09/13/front-national-et-ultras-les-preuves-dune-amitie/

    Quand le GUD gère la trésorerie du FN :

    http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20131018.OBS1806/la-gud-connection-gardienne-de-la-bourse-du-fn.html

    Le FN utilise le GUD et TV comme service d’ordre :

    http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article493

     

    4 Pour combattre la bête immonde

    S’il s’avère nécessaire, au vu du danger humain, social, économique, écologique, démocratique, que cela représente, d’endiguer rapidement les percées électorales du FN, de les éloigner au maximum du pouvoir politique ; les repousser du pouvoir pour laisser gouverner les néo-libéraux du PS ou de l’UMP ne constitue pas à long terme une solution. Le FN profite en effet à la fois du contexte montant de crise économique, sociale, voire politique, ainsi que de la faible combattivité du mouvement social pour reprendre du terrain. Mais on constate également que le vote FN à tendance à baisser, notamment parmi les classes populaires, lorsque le mouvement social parvient à arracher des victoires contre l’Etat, le capital et sa politique libérale. Repousser efficacement le FN implique à la fois de briser ses tentatives de conquête de l’hégémonie sur le plan culturel, de créer un véritable front de dissuasion contre le fascisme et la violence que les percées de ce parti génère, ainsi qu’un front social de classe prêt à mener les luttes jusqu’au bout, sans négociations ni concessions, contre l’Etat et le capital. Elle réside en dernière instance dans une stratégie de lutte sociale et d’auto-organisation des travailleurs, et plus généralement de l’ensemble des forces progressistes.

     

    A Lire aussi :

    VISA-ISA : « D’une élection à l’autre. Pas de pouvoir au FN ! Barrage syndical antifasciste », « Contre le programme du FN, un argumentaire syndical », « FN, le pire ennemi des salarié-e-s »

    http://www.visa-isa.org/

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