• Contre la loi travail et son monde : La Révolution, plus facile que la réforme !?!

    Face à l'inflexibilité gouvernementale concernant la "loi travail", aux surenchères de la droite et aux exigences du MEDEF, les possibilités de conserver et d'obtenir de nouveaux acquis sociaux dans le cadre du capitalisme serait-elles devenues plus improbables que la révolution ?

    Dans l'article "La loi travail, ultime stade de la crise capitaliste" (Alternative Libertaire, n°262, juin 2016), je concluais que le mouvement social pouvait encore, avant-même la révolution, défendre ses acquis sociaux et gagner de nouveaux droits.

    L'échec de la lutte contre la loi travail, l'acharnement du gouvernement à la faire passer, à coup de 49-3, en dépit du rejet social majoritaire et des actions de blocages économiques, ainsi que la surenchère de la droite, m'amène à valider d'autres conclusions, plus radicales, desquelles je pouvais encore douter précédemment.

    Les marges de manœuvre des capitalistes sont visiblement, dans leurs têtes, nulles et inexistantes. Il n’y a plus pour eux de compromis possible entre capital et travail, plus de miettes à lâcher, comme ce fut le cas durant l’époque du boom économique d’après guerre, et encore quelques temps après l’éclatement de la crise de 1974.

    Objectivement, une inversion du rapport capital/travail est certes partiellement possible, à court terme. Il existe encore des marges de profit redistribuables. Mais cette lutte pour une autre répartition des richesses semble exiger un niveau de lutte de classe démesuré par rapport à sa portée.

    Bien qu’il soit possible de constater que le nombre de grévistes et de manifestants, et, qui plus est, de personnes actives lors des blocages économiques, reste insuffisant, on est en droit de se questionner sur le niveau de mobilisation nécessaire pour faire plier un gouvernement dans la période actuelle.

    Si le mouvement social n'est pas en capacité, avec ce niveau de mobilisation, de repousser la loi travail, et qu’il lui faudrait, pour cela, un niveau de mobilisation très supérieur (grève générale, reconductible, illimitée, blocage économique de tout le pays), que dire alors du niveau de mobilisation  et d’intensité d’action exigé pour l'obtention de droits nouveaux, favorables aux travailleuses et travailleurs, privé-e-s d’emplois, étudiant-e-s, retraité-e-s ?

    Étant donné que les capitalistes ne voient aucune marge de manœuvre possible concernant le compromis capital-travail, et ne voient leur salut que dans la régression sociale, alors les avancées sociales, dans le cadre de la pression réformiste de la rue (et de surcroit dans celui de l’action parlementaire), semblent totalement chimériques. Pour que de telles avancées sociales soient appliquées, le mouvement social devrait déployer une intensité telle qu’elle serait certainement équivalente à celui nécessaire pour une révolution sociale, avec toutes les exigences que cette dernière implique.

    Il est également possible que même la victoire sociale, face aux contres-réformes gouvernementales, nécessite un niveau d’intensité de lutte équivalent à celui d’une révolution sociale.

    Cette dernière interrogation reste bien entendu à débattre et à vérifier dans la pratique…

    La discussion est ouverte !

    Flo, (AL Marne)

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