• Crise économique et révolution : se débarrasser des interprétations mécanistes de la théorie de Marx

    La critique de la valeur et de l’économie politique sont bien souvent assimilées à des schémas déterministes, selon lesquels les individus ne seraient que les agents, les vecteurs, et non les acteurs de la construction du communisme. Le passage du capitalisme au communisme est envisagé comme un processus donné à l’avance et le dépassant largement. Ce type d’interprétation de la théorie de Marx à donné lieu à deux conséquences majeures au sein des mouvements révolutionnaires : l’attentisme et le dirigisme bureaucratique. Si la révolution suppose une stratégie différente, la critique systémique du capitalisme n’en demeure pas mois valide pour autant.

    La théorie de la dévalorisation de Marx

    Le capitalisme comprend, en tant que système, dans sa structure et sa dynamique, une série de contradictions qui constituent les germes des crises. Il s’agit là d’un fait avéré.

    La valeur se réalise à travers l’échange de marchandises, au sein de marchés anonymes où les producteurs-vendeurs sont en concurrence les uns avec les autres pour s’assurer leur revenu. La concurrence donne lieu à diverses stratégies pour les acheteurs et les vendeurs. Les premiers vont chercher à dépenser le moins possible pour obtenir la plus grande qualité ou quantité de marchandises. Les seconds vont être tentés de diminuer les prix de vente pour attirer le plus d’acheteurs possible, et donc prendre des parts de marchés à leurs concurrents.
    L’organisation scientifique du travail, la mécanisation et l’automatisation permettent une hausse de productivité, une économie en termes de dépense d’énergie humaine, de temps nécessaire à la production d’une certaine quantité de biens, et donc du coût unitaire de production relatif à une même quantité de biens.
    Tant que le marché n’est pas saturé, que la demande reste élevée, le système reste en croissance. Lorsque le marché est saturé, la demande baisse, le système entre en récession. De fait, dans cette seconde phase, le capitalisme tend logiquement à maintenir un haut niveau de productivité technique et à se débarrasser d’une partie des travailleurs, mais aussi à réduire les revenus des travailleurs pour maintenir le niveau – ou la tendance à l’augmentation – des profits des propriétaires du capital (patrons, actionnaires). Mais alors, l’augmentation du chômage et la diminution des salaires provoquent une diminution de la demande solvable, du nombre de personnes en capacité d’acheter les biens produits. La production est amenée à diminuer pour s’ajuster à la demande, développant chômage et paupérisation de masse, et ainsi de suite.
    Ainsi, s’il n’y a pas accroissement de la production, de la dépense de travail humain, et parallèlement, augmentation de la demande, le capitalisme entre récession, et à un stade plus élevé, en crise. Le capitalisme ne peut ainsi survivre que si l’augmentation du volume de production écoulée compense la diminution du coût unitaire lié à l’augmentation de la productivité.

    Les capitalistes ont tenté de développer des manières de contourner la tendance à la baisse du taux de profit. Certaines ont eu, certes, un effet ponctuel. Mais la majorité de ces stratégies n’ont pas empêché le retour des crises, se manifestant sous des fromes diverses.
    C’est notamment le cas du crédit. La crise du crédit n’est pas qu’un problème lié à la spéculation et aux banques, ou à une mauvaise gestion des Etats. La logique du crédit réside dans une anticipation de la valeur à venir. Or, comme nous l’avons vu, le capitalisme tend vers la dévalorisation. Ainsi, sans une expansion suffisante, la valeur produite attendue au départ ne vient pas, les dettes s’accumulent, les prêteurs d’argent n’ont plus confiance dans la capacité de remboursement et refusent de nouveaux crédits. Les taux d’intérêts, parfois disproportionnés (liés à l’avidité ou la prise de risque), jouent un rôle réel, mais non déterminent. Même à taux zéro, le capitalisme tend à terme vers la dévalorisation et donc à l’incapacité de rembourser les sommes empruntées. Lorsque la bulle financière à éclatée en 2008, les Etats ont du intervenir pour sauver les banques et, indirectement, les entreprises. Ils ont contracté de nouvelles dettes et développée (notamment en Europe) des politiques d’austérité budgétaire pour les compenser. Pour rembourser ces dettes, les Etats doivent s’accaparer une part croissante de la valeur produite par les travailleurs (les politiques d’austérité budgétaire), ce qui, de fait, tend à la diminution de la demande solvable, à une contraction des marchés, et donc des baisses de revenus et des vagues massives de licenciements.

    La théorie de Marx concernant la tendance du capitalisme à la dévalorisation reste largement valide. Elle n’opère certes par ce manière pure et parfaite : il s’agit d’une tendance, qui posse en son sens, face à des tendances inverses, des mécanismes développés, pour la plupart après Marx, par les capitalistes pour tenter de gérer, contourner et différer les crises. Régulièrement, ces mécanismes atteignent leur limites, deviennent défaillants, produisent eux-mêmes des effets inattendus.
    Ces effets peuvent être non-économiques, et impacter en retour sur l’économie. C’est le cas, par exemple, de l’obsolescence programmée. Elle provoque une accélération de la consommation de ressources non renouvelables ou lentement renouvelables, un dépassement des limites de production et de productivité, et suppose à terme, si l’on ne trouve pas de substitut matériel ou énergétique, un arrêt du système – sans compter les dégradations éco-systémiques et sanitaires qu’elle induit.
    De fait, le capitalisme doit trouver régulièrement de nouvelles méthodes de contournement, ou de correction des défaillances de ses méthodes de contournement. Cependant, comme nous le démontre l’épistémologie des sciences et l’histoire et des découvertes scientifiques, la découverte répond, en dernière analyse et après usage de l’ensemble des moyens permettant la découverte, d’un facteur événementiel et imprévisible. Ainsi, l’hypothèse n’est pas à exclure qu’à un moment ou à un autre, le capitalisme ne trouve pas, ou pas à temps, les moyens de se maintenir ou de se relancer.

    Les défauts de l’analyse mécaniste de l’évolution du capitalisme, de la crise finale et du passage au communisme

    Crise et conscience de classe

    Selon les partisans d’un vison mécaniste de l’évolution du capitalisme, la crise du capitalisme, provoquant une paupérisation de masse, tend à produire mécaniquement une progression de la conscience de classe. C’est peut-être vrai pour les capitalistes. A mesure que le système se contracte, les capitalistes, pour éviter le déclassement, tendent à s’orienter vers une prédation accrue de la valeur. Certains y sont gagnants, d’autres y sont perdants. On constate également une concentration accrue du capital-argent, et donc un accroissement exponentiel des inégalités. L’augmentation des inégalités devrait, logiquement, selon la théorie, amener les prolétaires à l’affrontement contre la classe capitaliste et donc à la révolution.

    Mais ce n’est, en réalité, pas aussi simple que cela. Plusieurs contre-tendances limitant l’intensité de la lutte de classe peuvent entrer en jeu.
    Les capitalistes sont capables de proposer des solutions – ou de faire croire à des solutions – de relance du système (le keynésianisme par exemple), permettant un développement de l’opulence généralisée (expression d’Adam Smith). Avec l’opulence généralisée, le système prospère constamment, et les prolétaires sont moins tentés de contester la domination de la classe capitaliste, car ils constatent une amélioration de leurs conditions de vie, et se disent que, même s’ils ne disposent pas de tous les avantages de la classe capitaliste, leur situation de confort s’améliore et leur qualité de vie devient de plus en plus satisfaisante.

    Selon les analystes marxistes les plus dogmatiques, la révolution sociale, communiste, ne peut intervenir que lorsque le capitalisme arrive à son terme, que ses contradictions sont mures, qu’il ne peut plus se relancer, entre en crise finale, en phase terminale. Le déclenchement de la révolution, et d’une propagande révolutionnaire, dépend donc de la proximité temporelle de cette crise finale.

    Les analyses comptables, leurs conséquences programmatiques et leurs limites

    Le diganostique de l’état de santé du capitalisme prend alors la forme d’analyses économiques-comptables et se traduisent par des séries de graphiques et de courbes d’évolution du taux de profit.
    Là, les attitudes peuvent varier.
    Les « optimistes », ceux qui désirent le plus profondément l’imminence de la révolution, peuvent développer des analyses parfois biaisées, manquant de rigueur et de prudence. En l’occurrence, ceux qui suivent cette méthode ont prédit largement plus de crises que celles qui ont en réalité eu lieu, et se sont donc trompés la plupart du temps.
    Les « pessimistes », désirant peut-être parfois inconsciemment que la révolution demeure une perspective lointaine, parce que bien installés dans le système actuel, peuvent aussi développer des analyses biaisées, se traduisant par des hausses constantes des taux de profit (Par exemple, Michel Husson).

    Leurs propagandes respectives sont alors sensiblement différentes.
    Les premiers adoptent une posture critique du capitalisme parfois bien plus juste et radicale, mais dont le défaut réside dans un appui trop important sur – et une certitude parfois trop marquée envers – leurs analyses économiques.
    Les seconds adoptent généralement une posture réformiste. Ils expliquent ensuite aux « gauchistes », aux révolutionnaires, que les conditions objectives d’une révolution ne sont pas réunies et qu’en attendant, il faut s’aligner programmatiquement sur les positions social-démocrates et leurs propositions keynésiennes de gauche, et éventuellement, pour les plus impatients ou radicaux, ou stratèges révolutionnaires, défendre un programme d’urgence, certes plus radical dans ses revendications que celles des sociaux-démocrates, afin d’accentuer les contradictions du capitalisme et de précipiter sa crise.

    Analyse critique du système capitaliste, stratégies et conséquences

    La conception mécanisme de la progression de la conscience de classe tend à occulter la propagande et la formation concernant la critique systémique du capitaliste et les nécessités de réorganisation des rapports sociaux de production et de distribution. Elle répond soit à une logique spontanéiste, soit à une logique avant-gardiste dirigeante.

    Selon la logique spontanéiste, lors du processus révolutionnaire, les prolétaires se rendront compte d’eux-mêmes des contradictions systémiques de l’organisation des rapports de production et de distribution, et seront en mesure de les transformer. Il est possible d’émettre deux critiques envers cette approche.
    D’une part, cette conception peut aisément mener à une posture attentiste : puisque le capitalisme se dirige vers sa crise finale et que le prolétariat comprendra spontanément, durant la révolution, la manière dont il doit réorganiser les rapports de production et de distribution, alors, l’histoire n’a qu’a suivre son cours, et les révolutionnaires n’ont qu’a attendre le bon moment pour se mettre en action, ou même simplement laisser faire le prolétariat.
    D’autre part, la conscience de classe – c'est-à-dire, ici, non pas le fait simpliste de comprendre que les prolétaires et les capitalistes ont des intérêts divergents, amenant à se battre pour l’obtention de parts plus importantes de la valeur produite, la réappropriation des moyens de production et la répartition égalitaire de la survaleur ; mais la compréhension des conditions d’organisation économiques de la société constitutive du capitalisme et générant des effets contraires à ses buts, et la compréhension des conditions de réorganisation d’une société émancipée du capitalisme – répond à une logique contre-intuitive. Elle ne peut émerger spontanément, mécaniquement, des conditions objectives, de la crise du capitalisme. Elle suppose un apprentissage, un partage des analyses, une nécessité d’enseignement et de transmission, et une démarche volontariste.

    Selon la logique avant-gardiste dirigeante, la sensibilisation immédiate à la critique de l’économie politique à une échelle de masse est inutile, soit immédiatement (et donc seulement utile lors de l’imminence de la crise finale, d’une période pré-révolutionnaire ou révolutionnaire), soit de manière générale. Les courants s’inscrivant dans cette logique tendent généralement vers une inclinaison populiste. Le prolétariat est considéré comme trop bête pour comprendre la théorie critique et son intérêt, raisonne sur une logique davantage émotionnelle, passionnelle. Il faut donc l’exciter à combattre la classe capitaliste. Le gain de confort apportera une satisfaction croissante et auto-entretenue, tandis que vont s’accroitre les contradictions capitalistes et précipiter l’imminence de la crise finale et de la révolution. Etant trop passionnel, mais aussi conditionné au complexe d’infériorité et à une logique délégataire du pouvoir, le prolétariat devra s’en remettre à une bureaucratie éclairée et lui attribuer une confiance aveugle. L’analyse de la critique systémique du capitalisme n’est alors réservée qu’à une petite élite de militants tirés sur le volet, ceux qui assumeront le rôle de cadres ou de formateurs des futures cadres de la révolution, c'est-à-dire les bureaucrates et les gestionnaires d’Etat. Cette conception comprend également plusieurs défauts.
    La croyance entretenue, ou non critiquée, dans la possibilité de réformer le capitalisme dans le cadre d’une prospérité durable, peut entrainer une diminution de la combattivité sociale, de l’intensité de la lutte des classe, et donc favoriser le refuge dans le confort acquis, plutôt que de susciter un désir constant d’amélioration des conditions d’existence. Faisant cela, elle favorise le repli individualiste dans la sphère privée et la dépolitisation de masse, et tend alors à démanteler les réflexes collectifs et ainsi les formes d’organisation de lutte du prolétariat.
    Plus grave encore, elle sous-estime largement l’intelligence, la capacité de compréhension, du prolétariat, et bloque ainsi son potentiel d’auto-émancipation. De ce fait, elle limite l’intelligence collective à une poignée d’experts. Or, plus il y a d’intelligences en mouvement, plus une multiplicité de solutions émancipatrices seront découvertes et proposées, et plus la société disposera de ressources intellectuelles pour œuvrer à son émancipation. De plus, plus l’intelligence sera partagée, plus la révolution aura une chance de s’inscrire dans un processus démocratique, plus elle écartera les dérives despotiques et totalitaires.

    De fait, ces deux conceptions comportent un potentiel d’échec révolutionnaire écrasant. De plus, dans leur analyse des dynamiques de classes liées aux variations de la conjoncture économique, elles ne tiennent pas compte, ou sous-estiment largement, les différentes stratégies développées par la classe dirigeante pour assurer sa position dominante.
    Elles sous-estiment largement la puissance idéologique, la capacité d’hégémonie, du capitalisme. Celle-ci opère, entre autres, par le moyen des appareils idéologiques d’Etat ou privés. Elle utilise également l’échec des autres modèles d’organisation économique de la société, afin de revendiquer le capitalisme comme fin de l’histoire, sans autre alternative possible. Elle emploie également des stratégies de dissuasion, s’appuyant sur la démonstration de la capacité passée et présente, de l’appareil répressif (et l’invocation de sa capacité estimée dans un futur proche), afin de faire croire à l’aspect inébranlable de la domination de classe. Dans le même temps et en conséquence, elle tend à créer un besoin (dont elle fournira les moyens de satisfaction) de répression des boucs-émissaires issus de fractions catégorisées de la population (racisme, sexisme, homophobie, vindicte contre les « paresseux » et les « profiteurs »), ou de fractions dérangeantes de l’élite (critique morale des méchants patrons et banquiers, exemptant de la critique des bons patrons et banquiers comme faisant partie des qu’agents reproducteurs d’un système défaillant). L’histoire nous a en effet enseigné que la population, lors de crises majeures, pouvait très bien se tourner vers le fascisme ou d’autres régimes d’exception autoritaires et discriminants, plutôt que de se tourner spontanément vers le communisme.

    Bien entendu, l’idéologie capitaliste joue un rôle relatif, en tension avec les tendances à la lutte de classe et les aspirations à l’émancipation. Mais à ce niveau, l’intervention volontariste d’équipes militantes informées et organisées joue un rôle déterminant pour mener vers une issue positive. La compréhension de l’économie n’est, comme nous l’avons expliqué précédemment, pas quelque chose d’intuitif et d’accessible spontanément, mais suppose l’apprentissage de bases minimales, sans quoi, on est incapable d’identifier clairement le problème, et de penser les réorganisations sociales des rapports de production et de distribution, nécessaires à une société autogestionnaire devant s’émanciper du capitalisme.

    Quelle posture adopter concernant la critique de l’économie politique ?

    La première démarche quant à la critique de l’économie politique consiste dans le fait de reconnaître qu’elle permet de démontrer que la structure du capitalisme est défaillante et génératrices de crises, qui atteignent de plein fouet la vie des prolétaires. De fait, elle amène à développer un ou des projets d’émancipation sociale émancipés du procès de valorisation capitaliste, c'est-à-dire des formes de communisme.
    Une fois ces deux premières démarches accomplies, il ne s’agit pas de garder la critique et les projets révolutionnaires qui en découlent dans un coin, tels une bible de chevet ou une œuvre romantique, ou un outil à ressortir à l’imminence d’une révolution. Ceux-ci doivent être diffusés au maximum, discutés, analysés, et au besoin critiqués, révisés et dépassés. Cette démarche comporte un triple but : 1 démontrer les limites du système capitaliste et la nécessité de changement. 2 montrer que d’autres possibles existent et donc supposer une perspective révolutionnaire crédible. 3 se préparer collectivement, à l’échelle de masse, à la compréhension du système, afin d’identifier par avance et de commencer à défaire, dès le début de la révolution ses structures sociales défaillantes.
    Enfin, la dernière étape de la démanche consiste à articuler systématiquement et explicitement toute défense éventuelle de mesures réformistes favorables au prolétariat aux limites systémiques du capitalisme, et à inscrire tout aussi explicitement celles-ci dans l’optique de pousser le plus rapidement le capitalisme à un niveau de contradictions insurmontables au niveau de la répartition des richesses produites, et, en conséquence, dans celle d’une révolution des rapports sociaux de production et de distribution. Cette démarche à pour but de ne pas entretenir ou renforcer la crédibilité des illusions réformistes et éviter le ramollissement de la combativité sociale qui peut découler de leur application.
    Cependant, il ne s’agit pas ici d’attendre une grande crise finale, un arrêt brutal, une banqueroute définitive du système, dont on ne peut prédire si elle interviendra ou pas.
    Le capitalisme peut très bien poursuivre inventer une nouvelle stratégie de contournement et se relancer ponctuellement sur des phases à court-moyen terme.
    Il peut aussi poursuivre sa récession, entrecoupé de crises brutales, de phases d’assainissement, et d’expulsions hors système (déclassement, exclusion du salariat, de main d’œuvre surnuméraire que les capitalistes ne souhaitent plus exploiter, zones territoriales laissées à l’abandon), régresser et se contracter autour de populations privilégiées de moins en moins nombreuses sur des espaces privilégiés de plus en plus restreints, et laisser exister le reste de l’humanité dans des conditions matérielles et sanitaires pires que celles du moyen-âge.
    Il peut très bien aussi muter en régime de propriété autoritaire sans logique de croissance et d’expansion, ni opulence généralisée, progressive et nivelée, ni valorisation économique, comme l’étaient l’esclavage et le servage.
    Il peut aussi donner lieu à l’apparition de dictatures écologiques malthusiennes ou anti-prolétariennes, que ce soit à l’échelle nationale, continentale ou mondiale.
    Il peut donner lieu à des guerres dévastatrices entre grandes puissances, permettant la destruction du capital et une nouvelle relance, ou marquant aboutissant à l’anéantissement généralisé (dans l’hypothèse qu’un peuple désespéré amène un fou au pouvoir et que ce dernier use de l’arme atomique, ce qui provoquerait un enchainement de représailles du même niveau, et une telle crise éco-systémique et sanitaire qu’il serait difficile pour l’humanité d’y survivre).
    Tous ces scénarios, et certainement d’autres encore, constituent des possibilités historiques de l’évolution des sociétés capitalistes. Il est cependant difficile de prédire – et très certainement inutile de déterminer avec exactitude – laquelle de ces hypothèse triomphera.
    L’attitude volontariste consiste à prévenir plutôt que guérir, à défendre une issue positive encore possible, et à déclencher la révolution avant que n’advienne une éventuelle catastrophe aux effets irréversibles.

    La diffusion de la critique de l’économie politique est-elle une forme d’avant-gardisme éclairé ?

    Ce volontarisme pédagogique révolutionnaire est trop souvent qualifié d’avant-gardisme éclairé. Peut-être qu’il l’est effectivement. Mais il diffère grandement de l’avant-gardisme dirigiste et instrumental. Ce dernier consiste à garder la connaissance pour soi et à utiliser les autres comme des pions à ses propres fins, et s’inscrit dans une logique d’auto-conservation élitiste. L’avant-gardisme analytique dont nous parlons est un avant-gardisme partageur et producteur d’autonomie, visant son auto-abolition et son auto-dépassement à l’échelle de masse. De plus, il ne faut pas se méprendre sur l’avant-gardisme analytique. Celui-ci ne peut en réalité se concentrer sur tous les sujets au sein d’une unique organisation militante, être atteint à tous les niveaux par l’ensemble de ses membres. Par exemple, la critique de l’économie politique est loin d’être maitrisée par tous ses porteurs et c’est pour cela qu’ils doivent discuter entre eux et avec les autres, se former ensemble, se critiquer, se dépasser. De même, les porteurs de la critique de l’économie politiques ne sont pas tous nécessairement à la pointe sur d’autres sujets tels que l’internationalisme, la géopolitique, l’antiracisme et l’antifascisme, l’écologie et la décroissance, la critique de la démocratie représentative et de l’Etat centraliste, et sur une multiplicité d’autres sujets. L’avant-gardisme analytique ne peut exister, à son plus haut niveau de perfection que de manière diffuse au sein d’une multiplicité d’individus en interaction. Pour autant, même s’il ne peut être atteint, il ne faut pas pour autant renoncer à la nécessité d’une démarche de synthèse, et à la recherche de l’auto-dépassement collectif par l’apprentissage réciproque.

    « Sur les limites de l'analyse économique d'ECR avant 2015L’Empire du Milieu est-il sur le point de s’effondrer ? Des limites de la croissance économique chinoise financée par l’endettement (Tomasz Konicz) »
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  • Commentaires

    2
    Dimanche 14 Juin 2015 à 13:59

    D'accord, mais le commentaire est en fait hors propos...

    1
    Audoux
    Samedi 13 Juin 2015 à 10:09

     

    « Aujourd’hui, avec l’effondrement du stalinisme d’une part, et le surgissement des formes disons – classiques – de processus révolutionnaires (comme en Tunisie ou en Grèce par exemple) d’autre part, réapparaissent le personnage et la pensée de Léon Trotsky comme l’authentique voie pour la défense des classes ouvrières dans la voie du socialisme », Esteban Volkov, petit-fils de Trotsky

     

    La satisfaction des besoins des travailleurs nécessite plus que jamais de s’attaquer aux fondements  mêmes du système capitaliste, c’est-à-dire une révolution prolétarienne expropriant les groupes capitalistes, les banques , les assurances…sans indemnité ni rachat, socialisant et planifiant l’économie pour satisfaire ces besoins, donnant le pouvoir  aux travailleurs, organisés à tous les niveaux en conseils, comités de délégués élus et révocables, mandatés par les assemblées de base, mettant en place un nouveau gouvernement de la Commune,  un gouvernement ouvrier,  tendant la main aux autre classes ouvrières, pour une Europe des travailleurs, pour les Etats-unis socialistes d’Europe.

     

    La seule réponse de l’impérialisme : la guerre, la barbarie… La création de toutes pièces (financement et armement directs et indirects) d’un ennemi « implacable » – l’Etat islamique –, par lequel il tente de faire diversion et de terroriser les peuples… La guerre contre la révolution, c’est la réponse constante de l’impérialisme ! La guerre en permanence (Irak, Afghanistan, Somalie, Soudan, Palestine, Libye, Syrie, Mali, Centrafrique…), c’est la bannière du capitalisme pourrissant un siècle après 1914 ! La révolution prolétarienne contre la guerre c’est la réponse du Trotskysme.

     

     En France, une crise révolutionnaire ouverte affleure, quelle en sera l’étincelle ? Par exemple, un appel de travailleurs d’une entreprise menacée dans tel département, appelant l’ensemble du département à monter en masse à Paris, et  à occuper une place centrale comme en Egypte ou en Tunisie, ce  pourrait être alors  le détonateur, cristallisant toute la situation politique  de plus en plus insupportable pour le peuple face à Hollande-Valls les petits commis de l’Union européenne au service du capital financier. Le retentissement médiatique d’une telle initiative, ses répercussions à travers tout le pays, poseraient inéluctablement la question du pouvoir et de qui doit diriger le pays.

     

    « Bloquer tout le pays », « la grève générale », c’est ce qui monte de plus en plus d’en bas. Balayer les institutions de la cinquième république et de l’union européenne- institutions de la bourgeoisie- une nécessité en haut pour donner tout  le pouvoir au peuple. « Dégage ! », l’expression adressée aux dictateurs Ben Ali et Moubarak a fait rapidement le tour du monde, injonction adressée à tous les dirigeants de droite comme de gauche, complètement inféodés au capital financier. La France, quant à elle, a des traditions révolutionnaires bien ancrées : 1789-1794, 1830, 1848, 1871, 1919-1920, 1936, 1945-1947, 1953, 1968

     

    144 ans plus tôt, voici les mesures que prit en 72 jours le premier gouvernement ouvrier de l’histoire de l’humanité, la Commune de Paris, avant qu’elle ne soit massacrée en mai 1871 par Thiers et les représentants des capitalistes, spéculateurs et privilégiés de l’époque : • Réquisition des usines dont les patrons sont incapables d’assurer la gestion. • Suppression du travail de nuit pour les catégories qui y sont soumises. • Réquisition des logements vacants pour les ouvriers sans logement. • Remise de l’ensemble des loyers en retard. • Abolition des amendes imposées aux travailleurs. • Établissement de l’instruction publique laïque. • Expulsion des congrégations religieuses de l’école et séparation de l’église et de l’État. • Adoption d’un décret limitant à 8 heures la journée de travail. • Garantie légale de l’égalité juridique des femmes et des hommes. • Obligation que tous les élus, sans exception, y compris les plus élevés, touchent au maximum le salaire d’un ouvrier. • Abolition de l’armée permanente.

     

    L’immense mérite de la Commune de Paris c’est justement son existence et son gouvernement  pour satisfaire les  seuls intérêts populaires, c’est d’avoir montré aux yeux du monde entier qu’un gouvernement ouvrier était possible, ce que confirmera la révolution russe dirigée par Lénine et Trotsky en donnant « tout le pouvoir aux soviets », avant d’être trahie puis assassinée par le stalinisme.

     

    A LIRE http://www.edilivre.com/librairie/l-actualite-du-trotskysme-20db3d3745.html#.VW3jW8_tmko

     

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