• Dossier présidentielles 2017 : Stratégie – Pour changer la société : s’organiser et lutter !

    La réponse ne pourra venir que d’en bas, de la capacité de la société à s’organiser indépendamment du politique et de ses institutions.

    Le rôle des lutes sociales

    Pour quiconque connaît un tant soit peu l’histoire du mouvement ouvrier, il est évident que ce sont les luttes sociales de masse qui ont permis des avances sociales (1936, 1968). Ce sont elles qui ont fait céder des gouvernements, ou maintenu la pression pour qu’elles soient mises en place par des gouvernements réformistes (Front Populaire de 36, gouvernement PS de 81 à 83). Ce sont également elles et non l’action parlementaire de gauche, qui ont permis d’empêcher certaines réformes antisociales (par exemple, 1995, 2006). Cependant, les luttes ne se résument pas qu’à faire pression sur les gouvernements de gauche et de droite. Elles ne peuvent également se résumer à constituer des tremplins électoraux pour des candidatures réformistes stériles.

    Face aux constats de l’impossibilité, dans le carde de la gestion étatique du capital, de réaliser le véritable potentiel d’émancipation humaine que comporte la société, face au constant de ses dérives antisociales, autoritaires et de sa structure très peu démocratique, et face aux tentatives aussi inutiles qu’inefficaces de récupération électorale de la contestation sociale, les mouvements sociaux doivent s’autonomiser se constituer comme puissance sociale créatrice à part entière. 

    D’une part, face à la face démocratique de l’Etat, un de leurs objectifs doit être de se développer sur des bases véritablement démocratique (décisions prises en assemblées de base, mandats impératifs, révocables à tout moment, courts et limités dans le nombre de renouvellements, fédéralisme et autogestion). Ces bases leur seront profitables aussi bien dans l’immédiat, que dans le cadre d’un projet futur de transformation sociale.

    Les structures de lutte et les embryons de contre-société comme bases d’auto-organisation

    Par mouvements sociaux, on ne désigne pas ici seulement les millions de personnes défilant dans les rues, mais aussi les différentes structures (syndicats, collectifs, associations) qui préexistent, organisent et alimentent la contestation sociale. En tant que structures, que collectifs rassemblant des individus, organisation des actions, produisant de la réflexion, elles constituent le tissus social qui de l’action contestataire, peuvent constituer ensuite les bases de l’organisation de la vie sociale. En cela, elles constituent les premiers embryons d’une contre société, appelée à remplacer l’Etat et ses institutions.

    Le syndicalisme révolutionnaire

    Les syndicats ont généralement pour but d’organiser les travailleuses et les travailleurs, mais aussi les étudiants, retraités, privés d’emploi, et ce afin de permettre une défense collective de l’ensemble de leurs intérêts immédiats, et ce par divers moyens : la négociation, la lutte… la révolution. Mais les syndicats peuvent être aussi porteurs d’un projet de transformation sociale, et intervenir dans la société, l’espace publique, afin de faire valoir les aspirations de la classe sociale qu’ils défendent en ce qui concerne les autres aspects de la vie. Le syndicalisme révolutionnaire, outre le fait qu’il soit porteur de cette vision élargie du syndicalisme, vise l’autonomie du syndicat par rapport aux partis politique, et réfute l’alternative de gouvernement politique révolutionnaire, au profit du remplacement de l’Etat, du gouvernement centraliste, et du patronnât et de ses appareils de pression, par le syndicat, la démocratie syndicale fédéraliste, afin de gérer la production et d’organiser la vie sociale.

    Les entreprises autogérées et les alternatives concrètes

    Les entreprises autogérées et les alternatives concrètes ont pour but est de s’émanciper davantage de la tutelle des pouvoirs économiques et politiques et, et ce pour améliorer la vie immédiate sur certains points. Ils constituent des espaces intéressant pour l’expérimentation de fonctionnements sociaux alternatifs. Cependant, encore pris dans des systèmes de contraintes du fait de leurs interactions économiques avec le système, et donc exposées aux mêmes risques que les autres entreprises et collectivités, mais aussi faisant face à un pouvoir politco-économique qui les tolère ponctuellement, mais dispose de moyens de répression pour les détruire, elles ne peuvent constituer des modèles d’émancipation que ce soit du point de vue de leurs réalisation concrètes, encore partielles, ou du point de vue stratégique. Cependant, en plus d’expérimenter des fonctionnements alternatifs et de préparer celles et ceux qui y participent à d’autres rapports sociaux, elles ont pour apport bénéfique de démontrer qu’autre chose est possible, et donc de stimuler l’imaginaire et de susciter des désire de changer le système.

    De la lutte immédiate à la prise de contrôle de moyens de production…

    Au-delà de l’amélioration immédiate le quotidien, dont partent la majorité des premières formes d’engagement dans la lutte sociale, politique, et révolutionnaire, le but des luttes sociales consiste dans l’objectif-étape de prise de contrôle commune et démocratique des moyens de production. Pour cela, plusieurs conditions sont nécessaires, et en premier lieu la a prise de confiance de la classe prolétarienne en ses capacités de lutte et d’auto-organisation. Cette prise de confiance ne peut naitre que des luttes sociales bien organisée et victorieuses, d’expérimentations concrètes réussies, donnant envie de les reproduire, donnant envie aux autre de les imiter. Elles doivent ensuite se fédérer entre elles, en fonction des ponts de convergence qu’il existe entre les luttes, pour se rassembler dans un mouvement plus vaste, dont chaque lutte comporte un trait commun : la préservation et l’amélioration de la qualité de la vie humaine.

    …A la transformation de la société

    Mais la transformation de la société ne peut se résumer à l’application des revendications immédiates  ou transitives et à la multiplication des expérimentations concrètes dans les formes qu’elles prennent sous le capitalisme, ni a une série de lutte victorieuses aboutissant à la victoire finale expropriant et brisant le pouvoir politique de la classe capitaliste. Ceci ne constitue que le point d’étape nécessaire, celui de la possibilité du réel choix social, avant une transformation plus profonde de la société (communisme, anarchisme, décroissance). C’est ici que la théorie critique, les utopies et les projets de société jouent leur rôle. Non seulement parce que la théorie critique identifie les limites du système, mais aussi parce que sa conjugaison avec l’utopie permet, non seulement en terme d’idées, de valeurs, d’espérances, mais aussi au niveau des formes sociales concrètes, la production d’un projet de société émancipé des éléments néfastes du système et a même de satisfaire pleinement ces aspirations. Cependant, il ne faudrait pas croire que ce débat autour des apports de la théorie critique et du projet de société, ne pourrait s’ouvrir que le jour de la révolution, ni même seulement durant les semaines ou les mois qui précèdent une révolution. Il doit s’ouvrir dès maintenant, non seulement pour stimuler l’imaginaire social et les désirs d’émancipation, mais aussi pour écarter immédiatement les fausses solutions qu’un mouvement aveuglé par les revendications immédiates et l’hégémonie des thèses réformistes pourrait reproduire, au risque de développer une émancipation sociale à minima, voir de mettre en péril cette révolution. Il en va donc de la responsabilité des anticapitalistes de diffuser largement les jalons stratégiques aussi bien que théoriques d’une émancipation sociale réussie. Seule la progression de l’organisation et de la combattivité sociale, conjuguée à celle la conscience des conditions éthiques et structurelles de l’émancipation, pourra venir à bout de ce système destructeur et mortifère, et libérer le véritable potentiel d’émancipation que comporte la société.

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  • Commentaires

    2
    patoche jarry
    Jeudi 9 Mars à 13:34

    bon article rappelant les données de base mais ma question est technique, je n'ai vu qu'un bouton j'aime et pas de partage, dommage je gère quatre fb et je peux l'envoyer sur trois. dans l'attente, bises, patoche pastèque! vert dehors! rouge dedans! noirs pépins!

     

      • Samedi 11 Mars à 19:42

        J'ai regardé, il n'y a pas de bouton "partage" FB intégré au site. Mais il suffit de copier-coller l'url dans un post, ou de partager l'article publié sur la page FB d'ECR.

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