• Elections départementales et régionales 2015

    Elections Départementales et régionales 2015A l'occasion de chaque élections, ECR publie une série d'articles critiques.

    Ils ont pour objet de déconstruire les discours pro-capitalistes et de démasquer les fausses solutions et illusions portées par la gauche réformiste, mais aussi par l'extrême droite.

    Ils ont aussi pour but de réaffirmer le primat du social, de l'auto-organisation, des luttes revendicatives et des expériences autonomes, sur le politique.

    Régions et départements : un cadre politique inadapté pour des changements structurels de fond

    Les départements et les régions sont soumis aux règlementations et aux législations capitalistes Françaises et Européenne. Il y n’y existe que peu de marges de manœuvre, et celles-ci ne peuvent opérer de manière significative et durable sur la dynamique de récession, de crise et d’austérité de l’ensemble du système. Il n’existe aucune possibilité dans ce cadre d’engager des changements structurels de fond à même de résoudre les problèmes les plus urgents. De ce fait, ces élections relèvent d’un enjeu à la fois fort et faible.

    Fort dans le sens ou les partis pro-capitalistes se serviront de l’autoritarisme antidémocratique de ces instances pour accompagner au niveau local les politiques de démantèlement social, les mesures stériles de relance d’une croissance économique illusoire, les logiques nationalistes, identitaires et xénophobes, ou encore les pseudo mesures de développement environnemental bien en deçà des exigences de décroissance induits par la majorité des constats scientifiques.

    Faible, dans le sens où les marges de manœuvre des opposants au capitalisme y sont limitées, du fait du faible niveau résistance et d’auto-organisation actuel de la classe opprimée. Mais aussi faibles au sens où les alternatives proposées par la gauche sociale démocrate, parfois dite « radicale », ne constituent que des impasses. Elles ne préparent en rien une sortie du capitalisme, mais au contraire, constituent une tentative de sauvetage, par des politiques redistributives et d’investissement destinées à relancer la consommation et la production, d’un capitalisme qui ne manquera pas de réitérer rapidement de nouvelles crises économiques, tout en accentuant dans le même temps la crise écologique.

    En ce sens, il y a réellement plus à attendre d’un mouvement social contre la loi Macron que des élections.

     

    Les grands pôles régionaux : l’accentuation de la misère sociale

    La régionalisation traduit une politique de désengagement financier de l’Etat. Le problème réside ici dans le fait que l’autonomie financière, et non pas politique et productive, des régions, amènera plus d’inégalités socioéconomiques entre les territoires. Il ne s’agit pas de déconcentration ou de décentralisation, mais d’un déplacement du centralisme. De fait, ce seront les départements qui seront affectés. La concentration des capitaux, des services, des savoirs, de l’emploi, s’effectuera en faveur des pôles régionaux. Il est donc à prévoir des hausses du chômage et de la misère dans les départements n’accueillant pas la capitale régionale. Sont aussi à prévoir l’éloignement de tout un ensemble de services de proximité : administration, hôpitaux, universités. Cet éloignement jouera en défaveur des classes les moins aisées, qui ne pourront plus y accéder que difficilement.

     

    Les enjeux réels sur lesquels agir

    Face à la crise politique

    Les politiques, sont généralement la cible des attaques légitimes contre la corruption. Pourtant, les tentatives de moralisation de la vie politique n’ont jamais eu aucun effet réel durable. Cet échec tient au fait que les politiciens sont intégrés à la société capitaliste. Celle-ci est régie par la concurrence. Pour obtenir des victoires électorales, il faut des moyens financiers. Ceux-ci s’obtiennent par des échanges de services avec les financeurs. Les financeur, comme les politiciens, pour maximiser leur capital, et leur pouvoir dans la société, ou simplement pour ne pas être déclassés, sont parfois tentés par la corruption[1].

    La corruption est certes illégale et immorale, mais l’endiguer par une série de réformes ne résoudrait pas pour autant les problèmes fondamentaux. Les politiciens, lorsqu’ils ne sont pas considérés pour ce qu’ils sont, c'est-à-dire des agents du capitalisme, lorsqu’ils essaient de se positionner comme porteurs d’une vocation sociale, contradictoire avec le modèle économique qu’ils défendent, sont souvent critiqués pour leur incapacité à résoudre les problèmes du peuple, voire pour leur manque de courage politique. Même s’ils le voulaient sincèrement, les politiciens ne seraient pas en mesure, par les moyens conférés par le système politique, de résoudre ces problèmes[2]. Pris entre les feux croisés des divers agents économiques en concurrence, agents objectifs ou soumis à la volonté d’une classe et à une situation structurelle sur laquelle ils n’ont aucune prise, ils demeurent impuissants. Une réaction individuelle « courageuse » serait rapidement contrecarrée par les acteurs économiques dominants, ou simplement par la dynamique structurelle de l’économie de marché. Ainsi, la solution ne peut venir du politique[3]. Elle est anti-politique, et doit s’appuyer sur des mouvements sociaux auto-organisés, capable de faire pression sur le pouvoir, de lui faire lâcher prise, et parallèlement, de se constituer en contre société autonome.

     

    Face à la crise économique

    Les partis politiques en place ne nous proposent que de fausses solutions. Les partis adpetes du libret-échangisme (PS, UMP, Modem) ne nous proposent que la continuité de l’austérité imposée dans le cadre des politiques néolibérales. Les partis de l’opposition de gauche ne leur opposent que des solutions antilibérales, des politiques de relance keynésiennes, articulées avec une logique de protectionnisme national et de souverainisme Etatique. Le FN se positionne, quant à lui entre les deux, voulant lutter contre les excès de socialisme et de libéralisme.

    L’ensemble de ces solutions, s’inscrivent dans une logique de croissance illusoire. La crise n’est pas due qu’a une défaillance structurelle de l’économie, se manifestant dans l’éclatement des bulles financières et l’interventionnisme étatique afin d’en limiter les effets, au prix de nouvelles dettes publiques et de la liquidation des dispositifs sociaux de solidarité. La financiarisation de l’économie a constitué une solution pour contourner la tendance à la baisse des taux de profits et éviter les crises de surproduction. Autrement dit, sans la finance, qui a repoussée la crise pour un temps, le capitalisme aurait subit depuis longtemps une crise bien plus profonde. Il ne s’agit donc pas d’opposer la dimension abstraite de l’économie, c'est-à-dire le crédit, la spéculation, la finance, à sa dimension concrète, le capital industriel productif, mais de comprendre qu’il s’agit là d’une crise générale de la valorisation du capital.[4]

    La seule solution, pour une sortie de crise, consisterait à rompre avec l’économie marchande. Il s’agirait de développer un tout autre rapport à l’organisation des activités sociales nécessaires au bien vivre de base des populations. Cette réorganisation consisterait à sortir de la logique de disponibilité de sommes d’argent pour investir dans des activités productives, dont les profits réinvestis constitueraient la condition de l’investissement dans de nouvelles activités. Elle consisterait à   organiser, sur la base d’une démocratie directe et autogestionnaire, les activités sociales de production en fonction du besoin réel, puis la répartition de chacun dans chaque activité, en équilibrant les temps, et enfin en fournissant gratuitement/directement aux participants ce qui leur est du.[5]

    Il va sans dire qu’une telle réorganisation sociale est impossible dans le cadre des instances politiques actuelles. Elle ne pourra émerger que d’une intensification des luttes sociales contre le capitalisme, et, à travers celle-ci, d’une contre société autonome dans son fonctionnement, amenée à abolir la propriété privée et à renverser l’Etat.

     

    Face à la crise écologique

    Les solutions miracles de relance de la croissance par l’investissement dans l’écologie, telles que le développement durable ou le capitalisme vert, proposées par les partis défenseurs du système capitaliste, libéral, marchand, demeurent des impasses suicidaires. D’un point de vue économique comme écologique, ces logiques n’apporteront qu’une décroissance subie, d’autant plus dramatique que la population n’en maîtrisera pas démocratiquement les conditions. Au contraire, du point de vue de l’économie, il nous faut sortir de la logique de croissance. Au niveau écologique, il nous faut entamer une décroissance volontaire de l’empreinte humaine, afin de lutter contre la surconsommation des ressources et la destruction sans mesure des équilibres biologiques fragiles. Cette problématique implique trois démarches. 1 Rétroaction : corriger le processus à la base, et non plus jouer au pompier pyromane. 2 Décélération : ralentir le rythme effréné des sociétés industrielles-marchandes, induites par les impératifs de productivité et de renouvellement des marchés, nécessaires à la valorisation et l’accumulation du capital, et ayant pour conséquence l’épuisement des ressources naturelles et des capacités de résilience naturelles. 3 Autolimitation : reconsidérer le volume global de la production-consommation, reconsidérer qualitativement la production, en fonction de son degré de nécessité.

    Cette logique est incompatible avec le capitalisme et l’Etat. Les inégalités sociales, générées par la concurrence et la méritocratie, joueront dans le sens d’un encouragement du productivisme. Les classes populaires aspireront à l’imitation des modèles de conforts et de consommation des couches aisées de la population. Le commandement étatique sera alors inefficace. Les mesures de décroissances seront rejetées massivement par la population, l’Etat défait, le gouvernement remplacé par un autre, et le volontarisme politique décroissant finalement abandonné. La décroissance ne peut venir que du mouvement social, composé d’individus se positionnant sur un pied d’égalité, reprenant le contrôle de l’appareil de production, et se constituant en contre société autonome, pour opérer sa transformations en fonction de leurs besoins et des nécessité d’autolimitation.[6]

     

    [1] Pour une analyse plus poussée : http://espritcritiquerevolutionnaire.revolublog.com/affaire-cahuzac-a113986760

    [2] Pour ce qui concerne la subordination du système politique à l’économie : http://espritcritiquerevolutionnaire.revolublog.com/affaire-cahuzac-a113986760

    [3] Pour une critique de la stratégie impuissante de la gauche d’Etat : http://espritcritiquerevolutionnaire.revolublog.com/melenchon-premier-ministre-a113953148

    [4] Voir notre dossier sur la critique de la valeur : http://espritcritiquerevolutionnaire.revolublog.com/critique-de-la-valeur-c25860866

    Et aussi : http://espritcritiquerevolutionnaire.revolublog.com/la-crise-economique-et-l-alternative-sociale-a114783302

    [5] Pour aller plus loin : http://espritcritiquerevolutionnaire.revolublog.com/une-autre-idee-du-communisme-a114894854

    [6] Pour approfondir sur cette partie, suivre ce lien et consulter la fiche synthèse décroissance : http://decroissancecl.revolublog.com/publications-dcl-c25361606

    « 9 avril : contre la loi du patronat et le PS qui lui sert la soupe (AL)Elections 2015 : Face à l’impasse électorale – Organisons nous ! »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    Tags Tags : , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :