• Gattaz critique le FN : Les impasses économiques jouent une partie de ping-pong

    Pierre Gattaz, président du MEDEF, à récemment dénoncé le programme économique du FN comme une impasse. Le problème, c'est que son programme relève tout autant de l'illusion.

     

    Selon Gattaz[1], le programme du FN ne serait « tourné ni vers l’avenir, ni vers la compétitivité. », il serait : « l’inverse de ce qu’il faut faire pour relancer la croissance économique du pays ». Sur ce point, il a certes raison, si le but est la poursuite de l'accumulation du capital.Il est bien évident que ni les programmes souverainistes protectionnistes, ni les programmes de relance keynésienne, ne peuvent venir à bout de la crise. Simplement, il ne faut pas trop se faire d'illusions non plus concernant les programmes néo-libéraux du MEDEF quant aux possibilités de retour d'une croissance forte.

    Du fait de la concurrence de plus en plus accrue entre les capitaux, le capital est en effet pris en tenaille, au niveau de la production, entre un double mouvement :

    • de délocalisation de la production dans les pays où la main d’œuvre ne coûte quasiment rien.
    • d'automatisation du travail [2](avec éventuellement rapatriement des capitaux).

    Les capitalistes parviennent ainsi à diminuer les couts de production pour maintenir les profits. le problème, c'est que ce mouvement tend a supprimer dans le même temps de la demande solvable. Du fait que les gens ont des salaires plus bas et que le chômage, le temps partiel et le travail sous payé augmente, il devient plus difficile d'écouler les marchandises sur des marchés à forte valeur ajoutée. Même avec une compensation par la vente en masse dans les pays "émergents" (qui au passage, sont voués à subir ce double mouvement du capital, au risque du péril de leur économie), la concurrence entre les capitaux ne fera qu'accroitre le problème. Le capitalisme risque alors de ne plus trouver les acheteurs qui lui permettent de boucler le cycle capitaliste A-M-A' (argent-marchandise-encore plus d'argent).

    Les économies en couts de production gagnées d'un côté sont perdues de l'autre au niveau de la réalisation des profits. Le capitalisme industriel devenant de moins en moins rentable, on en arrive progressivement à une sur-accumulation de masses d'argent ne pouvant être réinvesties dans la production. Ces masses d'argent deviennent du capital fictif, se valorisant dans les marchés spéculatif, par le jeu de la demande, sous la forme A-A' (argent-encore plus d'argent), jusqu’à ce que les bulles financières éclatent, produisant des difficulté pour les entreprises géantes, qui risqueraient d'entrainer avec elles de nombreux secteurs de l'économie. On connait la suite : intervention des banques, intervention des Etats pour sauver les banques, politiques d'austérité. De là, nouvelle pression sur la demande solvable et réduction des marchés, nouvelles vagues de faillites, de licenciements, et ainsi de suite. On arrive à une situation de surproduction de marchandises invendables et de pénurie pour des populations appauvries ou exclues de l'exploitation capitaliste.

    Les solutions protectionnistes et souverainistes, qui n'ont jamais eu d'effets réellement significatifs dans l'histoire de l'économie capitaliste, ne fonctionneront pas plus, du fait notamment des réactions d'imitation, qui en annuleront les effets (les productions nationales seront surtaxées dans les autres pays). Le capital national devra importer des matières premières et énergies, et éventuellement des biens de consommation, à un coût plus élevé qui se répercutera sur le cout de production. La concurrence intérieure entre les capitaux poussera quant à elle au même phénomène de baisse des salaires et de remplacement du travail humain par des machines automates.

    Les politiques de relance Keynésiennes consistent faire des crédits pour inciter à utiliser le capital accumulé afin d'impulser la production et donc de stimuler la consommation. Cependant, du fait des difficultés de rentabilité de la production, du mouvement à la baisse des salaires et à la suppression du travail humain, elles ne feront qu'accroitre les diverses formes d’endettement non solvable, et donc déboucher sur des crises.

    On peut donc clairement s'asseoir sur la reprise de la croissance

    Le problème dans tout cela, c'est lorsque l'on dit que le programme du FN ressemble à celui de l'extrême gauche... Non pas qu'il en diffère radicalement, mais que cette comparaison témoigne du fait que la gauche ait abandonné son programme. 

    Bien évidemment, il ne s'agit que d'une partie de la gauche, certes majoritaire. Le problème n'est pas tant que cette gauche développe un programme social-keynésien, mais que les travailleuses et les travailleurs s'y reconnaissent et l'identifient comme étant un programme de gauche, le programme de la gauche.

    C'est à ce niveau là que nous, anticapitalistes, devons faire avancer les choses : rendre hégémonique une critique du libéralisme en faillite, ne s'appuyant pas des illusions alter-capitalistes antilibérales, mais sur des propositions de rupture anticapitalistes conséquentes, c'est à dire un projet de transformation révolutionnaire de la société, se débarrassant d'une économie basée sur l'échange marchand, la concurrence et la nécessité du profit comme moteur de l'activité sociale.

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