• Historique ECR

    ECR est né en 2006, durant le mouvement contre le CPE. 

     

    Avant son lancement :

    Notre pensée s'articulait autour d'une conception élémentaire de l'anarchisme et du communisme. Nous avions une connaissance de ces deux courants comme deux mouvements séparés. Nous retenions principalement de l'anarchisme la démocratie directe, la liberté culturelle et la lutte contre le déterminisme, la défense de la diversité, du communisme la recherche de l'égalité sociale et de la solidarité. Mais nous ne connaissions que le communisme étatique et homogénéisant, et l'anarchisme individualiste (Stirner) et socialiste compétitif (Proudhon). Vers 2007, nous avons eu vent des thèses sur l'anarchisme comme chemin vers le communisme. Ce n'est qu'en 2009, à travers les écrits de Daniel Guérin, que nous avons vraiment découvert et commencé à prendre connaissance de l'histoire du courant communiste libertaire, qui avait déjà opéré cette synthèse depuis Bakounine et Kropotkine.

    Préalablement à ECR, nous tenions déjà des positions antirépression, antisurveillance, antisécuritaires

    Durant les années 2000 :

    • Sensibilisation aux problématiques de l'altermondialisme, la critique de la consommation, du gaspillage, de l'obsolescence programmée, à la simplicité volontaire, la décroissance, la critique du progrès, le primitivisme, le communisme primitif.
    • Découverte les écrits de Bob Black sur l'abolition du travail.
    • Etude des travaux de Bourdieu, sur les phénomènes d'imitation et de distinction sociale, sur les formes de capitaux et de domination culturelle de classe, sur l'habitus et la reproduction sociale.
    • En complément, découverte des travaux du couple Pinçon Pinçon-Charlot sur la classe bourgeoise, ses formes d'organisation interne, de ségrégation spatiale et ses modes de reproduction sociale.
    • Etude des travaux de Weber, sur les formes de domination et de rationalité.
    • Initiation à la critique sociale développée par l'Ecole de Frankfort.
    • Réflexion sur le féminisme, notamment en ce qui concerne les thématiques anti-genre et lutte de classe.
    • Découverte, dans le feu de l'action, des thématiques d'autonomie politique et d'autonomie locale.

    C'est sur le mélange de ces bases qu'ECR à vu le jour.

     

    En 2007 :

    • Découverte les travaux d'Althusser et Gramsci concernant la domination idéologique, et pensé une transformation sociale non autoritaire par le changement des pratiques sociales et des mentalités.
    • découverte des travaux de Mannheim, duquel nous retenions la critique de la domination traditionnelle et historique, de la domination idéologique du présent s'incarnant dans la négation de toute alternative, ainsi que l'utopie comme perspective de rupture avec cette forme de domination. D'une lecture complémentaire de Ricoeur sur Mannheim, nous avons retenu le rôle subversif du passé en tant que preuve d'un autre possible, et la combinaison des différentes utopies.
    • Etude des travaux d'Illich et Ellul, notamment de sa critique de la technique comme forme de domination sociale.

     

    En 2008 :

    • Découverte du communisme de conseil ou conseillisme.
    • Nous avons entamé une lecture approfondie de l’œuvre de Marcuse, et notamment la critique de l'unidimensionalité.
    • Critique des thèses d'Ellul
    • Développement d'une réflexion sur la réduction du temps de travail.
    • Approfondissement de notre lecture de Debord, Vaneigem du situationnisme, en particulier la critique du spectacle.
    • Approfondissement de notre compréhension de Foucault, de sa critique du pouvoir, de la discipline, de la biopolitique et de la notion de dispositif.
    • Découverte des thèses de Negri, dont nous retenons la distinction entre pouvoir et puissance d'agir, héritée de Spinoza, ainsi que, à travers le concept de multitudes, l'idée que l'émancipation radicale, multiforme, ne peut venir uniquement d'une classe sociale prolétariat, mais d'une multiplicité de sujets, traversés par des enjeux et des aspirations diverses (c'est en outre ce que révèle l'explosion de multiples champs de contestations durant les années 60/70). En outre, sur ce point, nous rejoignons davantage l'idée défendue par Marcuse selon lequel le prolétariat, en tant que classe de producteurs assurant la base vitale de la société, conserve une place centrale dans le processus révolutionnaire.

     

    En 2009 :

    • Lecture de Marx, notamment des manuscrits de 1844, de la critique de l'idéologie et du fétichisme.
    • Étude des travaux de Lukàcs et sur concept de réification, comme complément de la critique de l'idéologie.
    • Lecture de Spinoza et Deleuze, dont nous avons retenu leur réflexion concernant les concepts d'Ethique et de Morale.
    • Lecture de Castoriadis, dont nous nous sommes appropriés les réflexions concernant l'institution imaginaire de la société, de l'hétéronomie et de l'autonomie politique.
    • Lecture d'Habermas, dont nous avons retenu la critique de l'agir instrumental stratégique, la question de l'agir communicationnel et de la réciprocité, la thématique de la reconnaissance développée de manière plus approfondie par Honneth, la réflexion sur la modernité, et la critique du postmodernisme et de l'anti-modernisme.
    • Lecture de Kühn, dont nous avons retenu la logique des révolutions scientifiques et sociales.
    • Lecture de Beck, dont nous avons retenu l'analyse du phénomène social du risque, l'agir responsable et démocratique, détaché de l'heuristique de la peur et de l'autoritarisme de Jonas, la nécessaire concertation interdisciplinaire, intersectorielle dans le cadre de la lutte contre les catastrophes techno-industrielles et sanitaires et la croissance matérielle sans limites dans un monde fini.
    • Lecture de Crosier et Friedberg, dont nous retenons l'idée d'une fonction de la règle comme outil de régulation en situation de crise, et celle de l'existence de zones d'incertitudes au sein de cadres formels, qui sont autant de zones d'autonomie. Nous retenons aussi l'idée que les pratiques autonomes peuvent à leur tour, avec le temps, devenir la nouvelle règle et effacer l'ancienne.

     

    En 2010 :

    • Dans un article intitulé "introduction à l'économie en tant que rapport social", nous avons commencé à travailler sur la critique de l'économie mathématique en tant que conception déformée dissimulant des rapports sociaux. Cette critique de l'économie nous mènera plus tard à nous rapprocher des thèses de l'objection de croissance, de la sortie de l'économie, de la démarchandisation, de la critique de la valeur.
    • Réflexion autour des concepts de vie nue et de forme de vie, ou vie qualifiée, présentée par Agamben.
    • Dans une série d'articles, nous avions développé, en continuité de la réflexion ouverte par les concepts d'Agamben, une critique des concepts d'écologie, d'environnement, de l'usage du concept de nature, et amorcé le développement d'une nouvelle approche pour traiter de la bio-destructivité industrialiste et capitaliste.
    • Découverte des théories sur les méthodes et les pratiques d'auto-organisation d'Alinsky.
    • Participation au mouvement retraite et rapprochement avec le syndicalisme.
    • Engagement dans les mouvements de défense des migrants.
    • Prise de connaissance des travaux de Jean Marie Harribey sur la réduction du temps de travail et du développement soutenable.
    • Découverte des écrits de Daneil Guérin concernant la synthèse entre anarchisme et communisme.

     

    2011 :

    • Lectures sur l'écosocialisme, les prémices de l'écologie chez Marx (grundrisse), 
    • prise de connaissance des travaux de Gorz, de Polanyi,
    • prise de connaissance des travaux de Simondon, dont nous retenons l'existence d'un part d'humanité, d'une empreinte de l'homme dans la technique, la critique de l'esclavage technologique, c'est-à-dire de la soumission des machines aux besoins de l'homme, propre aux société technologique contemporaines, la critique de l'analyse de la technique avec les critères d'une civilisation pré-technicienne, la recherche d'un rapport compréhensif à la machine émancipé de la dialectique de la maîtrise et de la domination, ce qui signifie que la logique selon laquelle l'homme domine la machine ou est dominé par la machine laisse place à celle par laquelle l'homme comprend les potentialités techniques de la machine et par là se comprend ou comprend quelque chose de lui-même.
    • Engagement dans les luttes du logement et des migrants.
    • Travail et écriture d'une série d'articles sur la question antifasciste

     

    2012 :

    • Parallèlement à la poursuite de nos travaux sur l'antifascisme :
    • Réflexion sur la critique de la marchandise, du productivisme, de l'industrialisation.
    • Soutien de la campagne présidentielle du NPA, et développé notre position sur les fronts anticapitalistes.
    • Réflexions stratégiques sur le mouvement social.

     

    2013 :

    • Retour sur la question de la décroissance, notamment après la rencontre de militants du MOC.
    • Réflexion sur le cosmopolitisme
    • Travaux sur l'antipouvoir et les concepts du pouvoir développées par Holloway.
    • Réapprofondissement et de recentrement autour de l'anarchisme.
    • Cette démarche a contribué à nous rapprocher davantage d'Alternative Libertaire, et a nous intéresser au syndicalisme révolutionnaire.
    • Premiers jalons de la décroissance communiste libertaire.

     

    En 2014 :

    • poursuite de notre démarche d'approfondissement de l'Anarchisme et découverte:
    • du gradualisme révolutionnaire de Malatesta,
    • du communalisme libertaire,
    • attention portée au syndicalisme anarchiste, au syndicalisme révolutionnaire, aux travaux de Pierre Besnard sur l'organisation d'une société anarchiste, et sur le fédéralisme.

    Nous avons développé notre réflexion autour de la Décroissance Communiste Libertaire. Ceci nous a conduit à :

    • prendre connaissance des travaux de Jean-Pierre Tertrais.
    • réfléchir de manière plus approfondie au communisme, à ce qui le distingue du socialisme et du collectivisme, notamment à travers une relecture de Bakounine, Kropotkine.
    • La réflexion sur le communisme, en lien avec celle sur la critique de la société marchande, nous a conduit à nous intéresser au courant critique de la valeur (Wertkritik) et à la lecture du Manifeste contre le Travail du groupe Krisis de Nüremberg.

     

    En 2015 :

    A travers l'étude de la critique de l'économie politique, il est apparu clairement que l'analyse critique de l'économie capitaliste, plus encore que la décroissance ou la critique de l'Etat et du pouvoir, constitue la grande faiblesse du mouvement social. Cette faiblesse, loin de ne concerner que la sociale-démocratie, touche également des libertaires, des décroissants, mais aussi, étrangement, des courants se revendiquant du marxisme, dont nombre de militants ne connaissent que très mal, si ce n'est pas du tout, ses bases essentielles. Comment, alors être capable de penser, d'imaginer, de concevoir, une perspective d'émancipation sociale anticapitaliste, si l'on est même pas capable de comprendre le capitalisme, sa dynamique, ses dysfonctionnements ? Les travaux d'ECR ont donc consisté à diffuser un certain nombre de publications, de synthèses de base comme de textes avancés, traitant de la critique de l'économie politique, afin d'essayer, à sa modeste échelle de diffusion, de permettre une progression du mouvement social, quant à son analyse critique et ses perspectives d'émancipation.

    • Poursuite, approfondissement et synthèses sur la critique de l'économie politique, l'analyse des crises du capitalisme et de ses causes fondamentales, les conditions du communisme. 
    • Traduction et publication du livre de Wayne Price, l'économie de Marx pour les Anarchistes.

    L'actualité de la fin de l'année 2015 a également conduit à la publication de deux dossiers :

    • Un texte de réflexion sur la COP 21 et les perspectives pour le mouvement social.
    • Un texte de critique du Front National à l'occasion des élections régionales.

    En 2016 :

    ECR prévoit notamment :

    • Un ensemble de publications relative au mouvement libertaire espagnol de 1936, à l'occasion des 80 ans de la révolution espagnole.
    • La publication d'articles et vidéos sur les réflexions d'Alain Bihr au sujet de la critique de l'économie politique de Marx et de l'analyse de la crise du capitalisme.