• Le raz de marée Syriza, début d’une insurrection contre le capital ?

    Le 25 Janvier 2015, Siryza remportait haut la main les élections législatives en Grèce. Obtenant 149 sièges à l’assemblée sur un total de 300, ce parti sera-t-il en mesure de combattre l’austérité et d’inspirer les mouvements sociaux européens ?

    Une claque pour les formations sociales démocrates, libérales, et d’extrême droite

    En votant Syriza aux élections législatives de janvier 2015, la population grecque à choisi le refus de l’austérité. C’est une claque foudroyante aussi bien pour la gauche sociale libérale que pour les droites. « Nouvelle démocratie » et « aube dorée » se trouvent ainsi disqualifiés en tant que solution politique pour gérer la crise. A l’échelle de l’Europe, ces rejets témoignent du fait que ni les partis de gauche et de droite classique, ni les gouvernement d’union nationale, ni l’extrême droite, ne représentent des solutions crédibles face à l’austérité imposée par le capitalisme. De ce point de vue, cette victoire peut faire du bien aux mouvements sociaux aussi bien qu’aux mouvements antifascistes européens. A contre courant des événements actuels, elle constitue un encouragement pour les mouvements sociaux, les appelants à poursuivre et renforcer leur combat contre les politiques d’austérité, et contrebalance la poussée de l’extrême droite aussi bien dans les urnes que dans la rue et les esprits.

    Faire preuve de prudence, maintenir l’effort de mobilisation sociale et d’auto-organisation

    Cependant, il convient de nuancer la victoire électorale de Syriza. N’ayant pas obtenu la majorité au parlement, cette formation politique devra passer des alliances, soit avec la gauche centriste, soit avec les conservateurs. Cette nécessité, qui implique des concessions envers certaines franges de la classe possédante, risque de tempérer son programme, et de décevoir une partie de la population lui ayant accordé sa confiance. Ainsi, il ne faudrait pas que la population, combattive jusque là, ne bascule dans l’attente contemplative d’une prise en charge étatique providentielle des problèmes sociaux. Elle devra maintenir son effort d’auto-organisation et de mobilisation dans la rue. En effet, sans cette pression populaire, les députés de Syriza n’auront aucune chance de tenir seuls face à la contre-offensive capitaliste, aussi bien intérieure qu’Européenne. Sans cette prédominance du mouvement social, Syriza risquerait de reculer, voird de réprimer une population à la fois très revendicative et impatiente. Sans cette pression populaire, un échec de Syriza risquerait de décourager la population, de diminuer sa capacité à poursuivre son action politique de manière autonome. C’est donc dans le sens du maintient et du renforcement de la dynamique de lutte et d’auto-organisation du mouvement social qu’il convient d’avancer. L’enjeu est donc gros, et les acquis de l’expérience historique révolutionnaire seront déterminants à ce niveau.

    Quelles répercussions en Europe ?

    Si la victoire de Syriza est un bienfait dans la mesure où elle encourage les mouvements sociaux à poursuivre et intensifier la lutte contre l’austérité, et permet de disqualifier le fascisme comme alternative à la crise. Cependant, il est aussi à prévoir qu’elle renforce l’influence des formations sociales démocrates dites de « gauche radicale » à l’échelle Européenne. Transposé hors contexte, le retentissement de cette victoire risque de faire prévaloir les logiques politiciennes sur les mobilisations de rue et les dynamiques d’auto-organisation populaires. Or sans ces dynamiques, le combat est perdu d’avance. De même, les solutions économiques à court terme, proposées par un Syriza encerclé par l’Europe capitaliste, ne doivent pas être assimilées à un projet de société anticapitaliste. Ainsi, il ne faut nourrir aucune illusion concernant les propositions des formations de la gauche antilibérale. Une politique anti-austérité, visant à limiter les profits et réinjecter les fortunes des patrons dans le financement des entreprises et du service publique, permettrait certes de repousser ou de limiter les effets de la crise sur le court terme. Cependant, sans rupture fondamentale avec le fonctionnement de l’économie de marché et la logique de valorisation capitaliste, sur lesquelles reposent ces politiques de relance de gauche, elle se heurterait au retour des crises économiques et des vagues d’austérité. Il est ainsi impératif de dénoncer la non-viabilité de ces solutions à moyen et long terme. Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons donc défendre une alternative de rupture anticapitaliste et autogestionnaire, communiste et libertaire.

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