• Marche mondiale contre le climat : encore un effort !

    Selon Avaaz, ce fut la plus importante marche pour le climat de l’histoire, puisqu’elle aurait amenée plus de 675 000 personnes à y participer. Néanmoins, s’il s’agit d’un bon pas en avant, le nombre de participants reste mince. Il dépasse à peine 1 dix-millième de la population mondiale. L’effort reste donc à poursuive à ce niveau, et il ne s’agit bien là que d’un premier pas qui appelle à un processus d’action suivies.

    La seconde limite de cette manifestation réside sur le plan politique et stratégique. Si cette manifestation mondiale semble se revendiquer d’un caractère « apolitique », au sens de « non-partisane », non affiliée à une organisation politique particulière, le contenu véhiculé à travers les discours et la stratégie adoptée est quant à lui éminemment politique.

    La stratégie d’interpellation des chefs d’Etats, afin de leur faire prendre conscience des enjeux de la lutte contre le réchauffement climatiques et les dégradations qu’il engendre déjà et qu’il continuera d’engendrer, s’avère une impasse. De Rio à Rio +20, les conférences internationales et les innombrables discussions « au sommet » n’ont eu de cesse de démontrer l’inconséquence des chefs d’Etat à agir efficacement contre le réchauffement climatique. Ils n’ont eu de cesse, à l’image de l’orientation favorable au « capitalisme vert » validée lors du dernier sommet, de démontrer la porosité entre le monde politique et le monde économique (industriel et financer). Les chefs d’Etat ne sont donc pas neutres, ils ne défendent pas un prétendu « intérêt général » au dessus des partis, des luttes entre classes. Au contraire, ils font partie d’une classe sociale, la classe capitaliste. Ils sont ses agents et défendent ses intérêts. Nous l’avons donc bien compris, les chefs d’Etat ne sont pas de notre côté !

    De ce fait, certains « habiles stratèges » opérant au sein du mouvement social parient sur le fait de s’appuyer sur l’illusion populaire diffuse, selon laquelle les chefs d’Etat seraient neutres, pour aller négocier, se faire recaler poliment et, ensuite, prendre la population à témoin pour générer son indignation. Que l’on use de cette stratégie une fois, pourquoi pas. Deux fois, passe encore. Mais l’usage systématique de cette stratégie durant plus de vingt est au mieux risible, au pire du foutage de gueule nuisible à l’avancée du mouvement. Elle génère des barons de la lutte anti-réchauffement climatique, spécialistes ès négociation avec le gratin capitaliste mondial, s’installant confortablement dans leurs bureaux d’ONG, leurs fauteuils dans les ministères et les parlements internationaux, tandis qu’elle ne permet pas une avancée dans la prise de conscience pratique et stratégique de la lutte contre le réchauffement climatique. Des notables qui s’intègrent à la classe capitaliste, et qui, petit à petit, éprouvent de moins en moins le besoin de s’opposer à ses intérêts.

    En témoigne la mise en avant, largement surestimée, des discours sur les pratiques individuelles, de sobriété ou de simplicité volontaire. Ces pratiques d’auto-émancipation demeurent une composante essentielle du processus de transformation de la société, à la fois en ce qui concerne le développement de réflexes pratiques préparant dès à présent un autre mode de vie, et en termes de mimétisme et d’influence sociale envers ceux qui ne les adoptent pas encore. Mais elles demeurent insuffisantes sans changements majeurs au niveau du collectif, de l’organisation des infrastructures collectives sur le plan technique et énergétique.

    A ce niveau, les acteurs de la lutte contre le réchauffement climatique sont à peu près unanimes. Cependant, les réflexions sur les conditions économiques et sociales de ce changement semblent, au mieux, extrêmement floues, au pire, inconséquentes. Du fait des phénomènes de distinction et de mimétique sociale, opérants en société stratifiée, les classes sociales les plus aisées chercheront toujours à bénéficier d’une situation plus confortable et avantageuse (pouvoir consommer et donc polluer plus), tandis qu’une large proportion des classes les moins aisées ne comprendra pas pourquoi elle ne peut avoir accès à ces privilèges, et, dans l’attente que les classes aisées fassent des efforts, continuera à s’orienter vers la consommation et la pollution abusive plutôt que la sobriété. Ainsi, la transition ne pourra s’opérer qu’à condition d’une rupture avec cette dynamique sociale, c'est-à-dire par l’abolition des classes sociales et le développement de l’égalité socio-économique.

    Comme nous l’avons démontré, nous ne pouvons attendre un tel changement de la part des chefs d’Etat et de la classe capitaliste dont ils font partie. Il s’agit donc d’ôter à la classe capitaliste son pouvoir de décision, et, par conséquent, son droit de propriété sur les moyens de production.

    Les stratégies réformistes, visant à conquérir l’Etat par les urnes et à multiplier les concessions de privilèges à la classe capitaliste ne nous seront d’aucun secours. Au mieux, elles ne feront que ralentir la transition, au pire, elles la feront échouer. Seule une révolution sociale, visant la prise de contrôle préalable de l’ensemble de l’appareil productif (extraction, énergie, production, transport) permettra à la population d’articuler égalité sociale et transition technique.

    Cependant, cette prise de contrôle ne pourra se faire par la voie de la conquête de l’appareil d’Etat et l’autoritarisme étatique. Une telle perspective conduirait inévitablement à la mise en place d’une forme de bureaucratie capitaliste d’Etat. Elle se paierait au prix fort, par la suppression de la liberté politique de la population, par des conditions de travail et de vies non-choisies et contraignantes, par la répression de toute opposition populaire aux choix et aux méthodes employées par cet Etat. Ainsi, pour articuler transition technique, égalité sociale et liberté politique, cette prise de contrôle ne peut être que collective, démocratique et autogestionnaire.

    L’abolition du capitalisme et la destruction de l’Etat demeurent par conséquent deux dimensions incontournables de la lutte contre le réchauffement climatique !

    DCL&ECR

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