• Mariage pour tous

    Après avoir fait passer en force le TSCG, accordé 20 milliards d’euros de cadeaux au patronnât, laissé faire la liquidation de boites telles que Pétroplus et Technocolore, fait la chasse aux Roms, réprimé par la force les opposants au projet d’ « Ayrault-porc » de Notre Dame des Landes, et montré une tendance au recul sur le votre des personnes étrangères habitant en France, le mariage pour tous et la possibilité de l’adoption pour les couples homosexuels sont à peu près les seules mesures progressistes que le gouvernement PS s’apprête à mettre en place. Parallèlement à la construction d’un mouvement d’opposition aux politiques d’austérité, à la destruction de la biodiversité, et à la poussée xénophobe, il relève par conséquent de la responsabilité des forces progressistes de lutter pour que les couples homosexuels puissent disposer des mêmes droits que les autres couples.

    Le mariage pour tous comme symbole du processus de démocratisation

    Le projet de la modernité socioculturelle hérité des Lumières, et la construction de la Démocratie qui l’accompagne, comprennent en effet, dès leur origine, et dans leurs développements ultérieurs, une logique visant à avancer vers l’égalisation des droits et l’élimination de toute forme de discrimination. Or l’égalité des droits, si elle ne suffit pas à la garantir, constitue un premier pas vers l’égalité des situations. Peu importe donc que l’on soit, personnellement, pro ou anti-mariage. Ce qui compte, c’est que chacun puisse disposer de la possibilité de choisir s’il désire, ou non, que sa relation soit encadrée par des symboles et des règles juridico-institutionnelles. En l’occurrence, ces règles juridiques sont généralement déterminantes dans le choix des gens, hétérosexuels ou homosexuels, de se marier aujourd’hui. Elles sont le fait d’une société encore trop attachée à des modèles totalement dépassés, et donc dans l’incapacité d’assurer l’égalité et l’équité sur le plan juridique.

    Le mariage civil n’est pas le mariage religieux 

    Les oppositions les plus fortes au mariage pour tous émanent généralement de mouvements religieux. Or le mariage pour tous concerne exclusivement la sphère civile, et non la sphère religieuse. On ne comprend donc pas en quoi les ecclésiastiques peuvent être habilités à se prononcer sur des questions qui ne concernent pas la religion. Libre à l’Eglise, qui a vu son nombre d’adeptes décliner de plus en plus depuis plusieurs décennies, de refuser d’intégrer les personnes homosexuelles à sa communauté. Cependant, le mariage civil est avant tout un statut juridique, ouvrant des droits en ce qui concerne par exemple le partage des biens et la garde des enfants en cas de divorce ou de décès de l’un des conjoints. Par conséquent, il ne faut pas le placer sur le même plan que le mariage religieux.

    Mariage ou réforme du PACS ?

    On entend souvent, dans les arguments des opposants au mariage pour tous, qu’une réforme du PACS serait préférable au mariage pour les homosexuels. Il est en effet pertinent d’attirer l’attention sur les lacunes du PACS, et sur la nécessité d’en réviser les modalités, afin que mariage et PACS soient harmonisés, et que chaque couple puisse disposer des mêmes avantages, sans aucune discrimination. Il s’agirait alors d’une situation d’union unique et universelle, dont la seule différence se situerait sur le plan de l’imaginaire, du fait que l’on pourrait décider de l’appeler mariage ou PACS, en fonction des goûts de chacun. Il serait d’ailleurs encore mieux que l’on garantisse un accès automatique aux droits du couple et de la parenté à tous les couples, qu’ils soient mariés, PACSés ou en union libre. Cependant, ce n’est pas le sens que les opposants au mariage pour tous favorables à une amélioration du PACS donnent à cette revendication. Il s’agit, pour eux, de préserver l’institution mariage comme statut privilégié. On décèle souvent dans ces discours la peur que leur union soit en quelque sorte souillée du fait qu’elle deviendrait équivalente à celles des couples homosexuels. Cette revendication est significative, de manière implicite, d’un problème en matière de reconnaissance de l’autre comme faisant partie de la communauté humaine, d’un problème concernant l’égalité. Elle traduit une volonté des couples hétérosexuels de ne pas être amalgamés aux couples homosexuels, dont l’union est encore considérée comme une forme d’union inférieure, parfois même contre-nature. Les homosexuels doivent par conséquent, encore une fois, subir le poids de lourds tabous, dont la société a du mal à se débarrasser. Si la réforme du PACS est en effet nécessaire, ce n’est pas elle, mais le mariage pour tous, qui est à l’ordre du jour. Il s’inscrit dans un processus de démocratisation visant à permettre à tous les couples, sans aucune discrimination de disposer des mêmes droits. Par conséquent, que l’on soit pour ou contre le mariage en soi, on ne va pas priver les homosexuels de la possibilité immédiate d’améliorer leur quotidien.

    La contingence des modèles de la parenté et de la famille

    Tant les études anthropologiques que les études sociologiques sur les formes sociales de la famille et de la parenté démontrent la contingence du modèle traditionnel de la famille tel qu’il existe dans les sociétés industrielles avancées. Les études sociologiques démontrent d’une part que le modèle de la famille nucléaire, c'est-à-dire les deux parents et leurs enfants, est un phénomène récent, qui s’est développé avec les mutations de la société industrielle et du capitalisme que sont le développement de l’automobile, les migrations pour le travail, et la montée de l’individualisme. Les éloignements sociaux et géographiques ont provoqué l’éclatement des communautés familiales, c'est-à-dire entre le couple et ses enfants et les grands parents et les oncles et tantes. Elles démontrent, d’autre part, que le nombre de divorces, de familles monoparentales ou recomposées, d’unions libres, sont en augmentation constante. Le phénomène de la famille nucléaire telle qu’on la définit est donc relativement récent dans l’histoire, et, comme on peut le constater, relativement éphémère. Les apports de l’anthropologie sont encore plus intéressants en matière de contingence des formes de la famille et de la parenté. On découvre en effet des sociétés où les enfants sont élevés soit exclusivement par les femmes, ou les hommes, soit par les sœurs des hommes ou les frères des femmes, soit par l’ensemble des membres de la famille élargie, voire du clan. Les systèmes de la parenté sont également différents, puisque l’on observe des systèmes patrilinéaires, matrilinéaires, ou croisés, comme par exemple le système de la corde chez les Mundugumor (Margaret Mead, Mœurs et Sexualité en Océanie). Pour autant, les enfants grandissent sereinement et de manière équilibrée, ils ne développent pas de troubles psychologiques majeurs. Par conséquent, les arguments normatifs voire psychologisants, sur la nécessité pour l’équilibre de enfant que celui-ci grandisse entouré d’un père et d’une mère – souvent ses géniteurs – ne sont pas tenables !

    Les modèles masculins et féminins : une construction sociale des genres totalement contingente

    Les opposants à l’adoption par des couples homosexuels défendent souvent le fait que l’enfant aurait besoin, pour son équilibre, de la présence d’un modèle masculin et d’un modèle féminin. Encore une fois, les études sociologiques et anthropologiques sont là pour ruiner ces conceptions normatives et erronées. Les études, par exemple, de Margaret Mead sur les tribus Mundugumor, Arapesh et Chambulis, démontrent que les premiers, hommes comme femmes développent des caractères agressifs, que les seconds sont plus pacifistes, généreux et attentifs aux autres, indépendamment du sexe et du genre, et que, chez les troisièmes, ce sont les femmes qui sont dominantes et s’occupent des activités telles que la pêche, tandis que les hommes sont considérés comme plus émotifs et ne travaillent pas. Ces études démontrent ainsi que la répartition des caractères et des rôles sociaux selon le sexe est socialement construite, instituée et totalement contingente. Elle ne relève donc pas d’une nature humaine profonde, mais de la manière dont la société éduque les enfants en fonction des rôles sociaux qu’elle envisage de leur attribuer par la suite. Les mutations sociales induites par les mouvements d’émancipation des femmes depuis les années 60-70, prenant notamment leur source dans la participation des femmes à l’effort de guerre par le travail dans les usines, ont démontré que les femmes étaient autant capables que les hommes d’assumer les tâches que la société attribue au genre masculin, et les évolution de la répartition des rôles dans les familles que les hommes pouvaient aussi bien également s’acquitter des tâches ménagères et pouponner. Aujourd’hui, on voit  aussi bien des femmes qui restent soumises aux modèles traditionnels, que des femmes bricoleuses, militantes, ou assumant des responsabilités d’encadrement, et des hommes sensibles, attentifs à l’esthétique, et attentifs à leurs enfants. Par conséquent, les femmes  et les hommes sont capables des mêmes choses. Ainsi, si chaque personne est capable d’assumer simultanément des rôles « masculins » et « féminins », alors un couple homosexuel pourra très bien assumer les rôles de « pères » et de « mères ».

    Homosexualité des parents comme source d’échec social ? Un problème de répression sociale des couples homosexuels

    Un des arguments avancés, contre le mariage et la possibilité d’adoption pour les couples homosexuels, est celui qui consiste à dire que les enfants développeront des tares et seront victimes d’un échec social. Cet argument ne tient pas, et ce, pour plusieurs raisons. D’une part, comme cela a été évoqué précédemment, parce qu’il s’agit d’un argument pseudo-pychologique ne comprenant pas le sens des catégories génériques de « père » et de « mère » dans la théorie freudienne du complexe d’Œdipe. D’autre part, parce que la réalité démontre que des enfants éduqués par des parents homosexuelles s’en sortent très bien, et ne deviennent, de surcroît, pas nécessairement homosexuels. L’échec social peut provenir, quant à lui, soit des mêmes causes que celui des enfants de couples hétérosexuels, soit d’une forme de sur-répression. Il s’agit en l’occurrence de la pression que la société peut mettre sur les parents homosexuels et leurs enfants, des discours violents que les autres peuvent tenir à leur égard, des phénomènes de ségrégation qu’ils peuvent leur faire subir, et par conséquent des traumatismes que peuvent provoquer ces formes de discrimination. Mais, dans ce cas, ce ne sont pas les homosexuels qui sont responsables de la violence de la société, et en particulier du camp réactionnaire. C’est la répression que les forces réactionnaires exercent sur les couples homosexuels qui est la cause de ces traumatismes potentiels. Finalement, les problèmes concernant le développement de l’enfant ne viennent donc pas des homosexuels, mais de l’intolérance des forces réactionnaires.

    La stigmatisation et la caricature de l’homosexualité

    La propagande contre le mariage pour tous, développée entre autres, par des groupes néonazis comme Renouveau Français, ou par Civitas, représente les homosexuels à travers le modèle Queer. Or ces clichés sur l’homosexualité ne reflètent pas la diversité des manières d’être homosexuels. Les Queer ne sont qu’une partie des homosexuels, et ne sont, d’ailleurs, pas tous homosexuels. Il s’agit, de la part de ces médiatisateurs de stéréotypes, d’une attitude typique de l’extrême droite, consistant à représenter une communauté tout entière par les plus marginaux de leurs membres. Après les juifs avares aux doigts crochus, les africains paresseux, les étrangers voleurs de travail, les Roms gitans voleurs de poules, les maghrébins terroristes islamistes, les gauchistes sanguinaires égorgeurs d’enfants, ce sont les pédés drag queen producteurs d’enfants dégénérés. Or la réalité est bien différente, plus complexe, que ces catégories réductrices visant à construire de nouvelles figures de l’ennemi intérieur. La majorité des couples homosexuels vivent exactement de la même manière que les couples hétéros, avec les mêmes diversités et les mêmes contradictions, mais, du fait de la répression que les forces conservatrices leur font subir, avec moins d’avantages et plus de difficultés. Le mariage pour tous et l’adoption pour les couples homosexuels permettront ainsi d’égaliser les situations et de réduire quelque peu ces difficultés.

    Le caractère fasciste de l’opposition au mariage pour tous et à l’adoption homosexuelle

    Les arguments contre le mariage pour tous et l’adoption pour les couples homosexuels révèlent, chez un certain nombre de ceux qui les tiennent, une structure psychosociale fortement inquiétante. En effet, on retrouve dans leurs discours un certain nombre de caractéristiques que Théodore W. Adorno avait identifié comme constitutives des phénomènes d’adhésion au fascisme (Théodore W. Adorno, La Personnalité Autoritaire. Voir aussi : « Définir le fascisme », in ESPRIT-CRITIQUE-REVOLUTIONNAIRE, revue n°2 : contributions à la lutte antifasciste). Tout d’abord, les argumentaires des opposants aux droits maritaux et d’adoption pour les homosexuels expriment une certaine forme de conformisme et de conservatisme culturel, en ce qui concerne leur attachement à la famille traditionnelle et la répartition sexuée des rôles sociaux, ainsi que, de manière implicite, renvoient à l’incapacité supposée pour les couples homosexuels de tenir simultanément les rôles de pères et de mères. Cette incapacité à envisager l’androgynie du genre est également significative d’une forme de réalisme positiviste consistant dans la mise à l’écart des processus de construction historiques et de l’imagination. On y dénote également une tendance au recentrement sur le groupe d’appartenance et au mépris des groupes sociaux différents, c'est-à-dire une certaine forme de xénophobie, dans la mesure où les couples homosexuels ne pourraient pas avoir accès aux mêmes droits et aux mêmes situations que les couples hétérosexuels. Certains arguments, notamment ceux en faveur d’une réforme du PACS, laissent également supposer que l’institution mariage serait souillée par le fait que les homosexuels y aient également accès. Ils traduisent une volonté de ne pas être assimilé à la population homosexuelle, et par conséquent de maintenir à la marge cette population. Ces arguments manifestent également un besoin de hiérarchie, dans la mesure où le mariage resterait la forme d’union suprême, tandis que le PACS serait un bricolage pour donner un peu de légitimité à d’autres formes d’union. Les arguments sur le développement psychologique et social de l’enfant traduisent quant à eux une peur de la dégénérescence, du déclin de la civilisation. Ils expriment un certain pessimisme anthropologique, une peur que l’homme se dirige inéluctablement vers sa perte. Dans ce cas, il s’agirait du fait qu’en encourageant l’homosexualité, les gens deviendraient de plus en plus homosexuels – ce qui est également représentatif d’une peur des débordements sexuels – et ne se reproduiraient plus, ce qui aboutirait à l’extinction de l’espèce. A travers l’idée que l’union maritale des couples homosexuels soit contre nature, on décèle une certaine forme de cosmologie, de naturalisation les construits sociaux, ainsi qu’un besoin d’ordre, de certitude et de rigidité. Dans la manière de convoquer le gouvernement afin qu’il abandonne son projet de réforme ou qu’il organise un référendum, ou encore dans le fait d’affirmer que le mariage se définit comme « union d’un homme et d’une femme en vue de procréer et de fonder une famille », on décèle également un besoin de se référer à une autorité supérieure, que ce soit le gouvernement, la république, la démocratie ou la constitution. Cette autorité supérieure peut également être incarnée par le mythe de l’ordre naturel. Il s’agit, dans ce cas, de convoquer les « lois millénaires de la nature », pour tenter justifier ce qui n’est en fait que le reflet du poids de l’histoire des formes sociales instituées dans des conditions déterminées qui n’ont plus cours aujourd’hui. Enfin, en ce qui concerne les représentations des homosexuels, on retrouve, d’une part, chez les plus fervents opposants au mariage pour tous et à l’adoption par les couples homosexuels, une imagerie totalement stéréotypée s’accompagnant de slogans caricaturaux, violents et censés susciter la peur, et, d’autre part, chez l’ensemble des opposants au mariage pour tous, la volonté implicite d’empêcher les homosexuels d’accéder a des situations qui font le bonheurs d’un certain nombre de couples hétérosexuels. Ces logiques traduisent ainsi une attitude parfois agressive ainsi qu’une volonté de répression de ce qui s’écarte des normes sociales dominantes. Il n’est donc pas anodin que l’extrême droite (Front National, Nouvelle Droite Populaire, Renouveau Français, Civitas) soit à l’avant-garde de cette opposition au projet de réforme du mariage civil. En effet, cette lutte rassemble des populations sur une thématique à travers laquelle l’extrême droite peut déployer à tout va son imaginaire conservateur, xénophobe, ségrégant, hiérarchisant, agressif et autoritaire, et ainsi poursuivre sa logique de conquête d’une hégémonie culturelle à travers laquelle elle espère se hisser au pouvoir.

    La démocratie comme protection des minorités contre la tyrannie de la majorité.

    Les opposants au mariage pour tous et à l’adoption pour les couples homosexuels qualifient cette réforme de non démocratique et exigent que cette réforme soit soumise à un référendum, afin qu’une majorité décide pour une minorité. Cette conception de la démocratie s’inscrit dans une logique de tyrannie de la majorité et d’écrasement des différences. Au contraire, les philosophies démocratiques progressistes conçoivent la démocratie comme protection et possibilité d’expression des minorités, et comme accès aux droits communs pour tous, sans discrimination de sexe, de genre, de religion et d’origine ethnique. Le mariage et la possibilité de l’adoption pour tous s’inscrivent donc directement dans la logique fondamentale de la démocratie, qui est de garantir le développement de l’égalité et de la liberté.

    Confirmation de ce qui existe déjà par ailleurs ou harmonisation des cadres juridiques ?

    Cela fait de nombreuses années que des mouvements homosexuels luttent pour leur intégration dans la société et leur accès aux mêmes droits et aux mêmes libertés que les couples hétérosexuels. Par ailleurs, cela fait aussi assez longtemps que des couples homosexuels vivent ensemble, et parfois élèvent des enfants. Sur ce plan, le mariage et la possibilité de l’adoption pour tous n’auraient qu’une fonction cérémonielle, c'est-à-dire qu’ils ne feraient que confirmer ce qui existe déjà par ailleurs. Cependant, au-delà de légitimer une situation déjà existante, la mise en place d’un cadre légal permettra de venir a bout de certaines injustices, telles que l’absence de droits du conjoint en ce qui concerne la garde de l’enfant.

    Un référendum est-il nécessaire ?

    Le projet de réforme ne vise pas à abolir le mariage et n’empêchera pas les couples hétérosexuels qui le souhaitent de se marier et/ou d’avoir ou d’adopter des enfants. Il n’entraînera pas la prétendue dégénérescence de la civilisation, mais permettra d’avancer encore un peu vers une société plus libre et plus égalitaire. Par conséquent, on ne voit pas en quoi les hétérosexuels seraient habilités à se prononcer pour la validation ou l’interdiction du mariage pour tous. Le mariage homosexuel ne concerne, finalement, que les couples homosexuels. Par conséquent, ils sont les seuls habilités à se prononcer sur la question du mariage et de la possibilité d’adoption pour tous.

    Opposants au mariage gay, partisans de l’austérité ?

    En plein milieu des politiques d’austérité, des plan de licenciements massifs, des cadeaux faits aux riches, des coupes budgétaires pour le secteur social, des problèmes de l’hôpital, des suicides au travail, des pénuries de logement, des vagues d’expulsions de personnes sans-papiers, des catastrophes écologiques et technologiques majeures, il est quand même incroyable qu’un mouvement de plus de 100 000 personnes ne trouve rien d’autre à contester que l’obtention de nouveaux droits pour les homosexuels. En plus de l’austérité généralisée, il faudrait que les homosexuels restent une sous catégorie de population sur le plan du droit, qu’elle dispose de moins de possibilité d’accès à certaines formes de bonheur. Cette logique est typique des idéologies réactionnaires qui, incapables de s’opposer à la domination des élites économiques, de remettre en cause la structure de classe de la société et la légitimité de ses institutions, de déconstruire leur imaginaire et de s’ouvrir à des possibilités historiques plus justes pour tous, expriment un besoin de réprimer toute perspective de bonheur et de rechercher des boucs émissaires sur lesquels décharger leurs frustrations. Si l’on suit cette logique répressive, que l’on refuse de s’opposer à la domination économique, sociale et culturelle de la classe capitaliste, il n’y aura au final qu’une perspective malheureuse. On assistera à un nivellement de la société par le bas, à une logique d’égalisation indexée sur la misère, à travers laquelle les déclassés chercheront à se distinguer en tant que catégorie de population supérieure, en revendiquant une situation toujours plus précaire pour ceux qui n’appartiennent pas à cette catégorie. C’est ce que l’on constate à travers les discours répressifs tenus contre les étrangers, les sans-papiers, les chômeurs, les précaires, ainsi que les minorités ethniques et les homosexuels. Au contraire, défendre une issue heureuse, une logique de progrès social pour toutes et tous, implique d’indexer l’égalisation des situations sur ce qui fonde le bien-être, et par conséquent d’affronter les problèmes de la société à leurs sources, c'est-à-dire le capitalisme, le conservatisme, l’antihumanisme et l’autoritarisme.

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