• Municipales 2014

    CEUX DONT NOUS NE PARLERONS PAS DANS CET ARTICLE

    Pour la critique du FN, lire l’article « En 2014, pas un élu pour le FN ! ». Nous ne parlerons pas du MODEM ou de l’UDI parce qu’ils se situent dans la même ligne, tendent vers le même projet et conduisent aux mêmes impasses que le PS et l’UMP. Pour le NPA, LO et le MOC, voir l’article « Face à l’impasse électorale, organisons-nous ! ».

     

    UMP : mort annoncée ou mutation fasciste ?

    L’UMP a prouvé durant les mandats de Chirac et de Sarkozy son incapacité à apporter des solutions à la crise et à l’austérité imposée. Elle a montrée, en dépit de ses discours de campagnes démagogiques et autres belles promesses, qu’elle ne faisait pas dans le social, qu’elle défendait les intérêts des riches, du patronnât, des actionnaires, du monde de la finance, et ce en se basant sur un discours anti-étranger. Depuis le désaveu de Sarkozy, elle ne s’est guère illustrée que par des crises internes, la participation, au combien honteuse, de nombre de ses militants aux « manifs pour tous », contre les droits des personnes homosexuelles, par les surenchères racistes de certains de ses responsables, par la proximité d’une de ses franges avec le FN. La ligne nationale se déclinant sur le plan local, il n’y a rien à en attendre non plus de ses sections locales au niveau municipal. L’UMP fait davantage dans le sécuritaire, la répression, le croissancisme, le développement de la précarité, que dans le développement social, culturel, et la préservation écologique.

     

    PS : l’austérité déclinée sur un plan local, au plus grand plaisir du MEDEF

    TSCG, ANI, pacte sécurité, report de l’âge de départ à la retraite, poursuite de la destruction du service public, cadeaux fiscaux au patronnât, expulsion des Rroms, affaire Lénoarda, Notre Dame des Landes et autres grands projets inutiles, nucléaire, enfouissement des déchets à Bure, taxe carbone, problèmes de régularisation des sans papiers : la liste des mesures anti-sociales du PS est longue en un peu plus d’un an d’exercice du pouvoir. Il s’agit là d’un bilan gouvernemental désastreux, sauf évidemment pour… Le MEDEF, qui est très satisfait de ce gouvernement néolibéral, plus efficace que l’UMP car se heurtant à moins de résistances sociales. En effet, le PS fait des réformes dans son sens, sous entendu contre les droits des travailleurs, et ce dans un contexte où, du fait de l’étiquette de « Gauche » portée par le PS (ce n’est bien sur qu’une étiquette !), les directions syndicales freinent les mobilisations sociales. Or l’instatisfactions populaire pourrait se reporter sur les votes aux municipales, dont le risque majeur n’est pas tant le taux d’abstention que de voir se composer des majorités de droite, voir d’extrême droite, qui mèneront, sur le plan local des politiques tout aussi voire bien plus anti-sociales. S’il faut donc battre la droite dans les urnes, il faudra battre le PS dans la rue !

     

    EELV : quand le discrédit gouvernemental se répand sur les localités !

    Après une expérience désastreuse de participation au gouvernement PS, EELV se trouve totalement discrédité, que ce soit par rapport aux aspects sociaux de leur programme que par rapports aux aspects écologiques. Il serait temps de s’interroger sur l’utilité d’une participation à un gouvernement d’austérité, industrialiste et xénophobe, lorsque cette participation se limite à l’obtention de quelques très minces mesures écologiques, sans réel impact, si ce n’est, à l’image de la taxe carbone, de renforcer l’austérité et de faire payer le prix des désastres écologiques causés par les capitalistes aux classes populaires. Et ce d’autant plus lorsque cette participation gouvernementale se fait au prix de renoncement programmatiques forts, tels que le renoncement à la fermeture de toutes les centrales nucléaires d’ici 2025, ou à un plan de réduction des émissions de CO2 de 95% d’ici 2050.

    En ce qui concerne les municipales, EELV fera la plupart du temps alliance avec le PS, ainsi qu’avec les industrialistes du PCF. Ces alliances ne feront que renforcer leur compromission et briser ce qui leur reste de crédibilité. Pour les autres, ceux qui entreront en dissidence, ils devront répondre de leurs contradictions entre la ligne nationale d’EELV et leurs positions locales.

    Nous appelons, de notre coté, à ce que tous les écologistes en dissidence au sein d’EELV quittent le navire et se recomposent :

    Soit en parti ou mouvement indépendant, sur la base de ce qu’était la ligne originelle des verts, c'est-à-dire une ligne véritablement socialiste, écologiste et fondamentalement démocratique, dont la logique était de se constituer sur le terrain, au plus proche des gens, et de compter sur la société civile comme force motrice du changement social, plutôt que de s’installer dans les instances de pouvoir afin de négocier des taxes et des labels bios avec la classe bourgeoise.  

    Soit au sein de partis véritablement critiques du capitalisme et de l’industrialisation irréfléchie, à l’image du Parti Pour La Décroissance (PPLD), du Mouvement des Objecteurs de Croissance (MOC) – qui reprennent le travail initial des Verts là ou ces derniers l’ont arrêté – soit de partis de l’écologie lutte de classe, du NPA, de la FA ou d’AL.

     

    PCF : trahir le front de gauche pour sauver ses élus !

    Le PCF est un parti qui ne cesse de décliner. Après avoir perdu toute son implantation sociale, il ne survit jusqu’alors que par ses 13000 élus, les financements d’Etat qui en découlent et ses liens avec des grands groupes de l’industrie ou de l’énergie.

    Il a fait le choix, au niveau fédéral – choix souvent suivi dans de nombreuses localités – de rompre l’unité du Front de Gauche, pour s’allier au PS. Le pire est que ce choix s’inscrit davantage dans la logique fondamentale de toute bureaucratie, dont l’objectif premier consiste dans la survie de l’appareil, au détriment de véritables convergences idéologiques ou programmatiques, et ce au prix d’odieuses compromissions et autres manœuvres politiciennes, parfois dignes des pratiques staliniennes.

    De plus, il faut voir à quoi correspond ce choix. Il s’agit, dans les conseils municipaux, (mais aussi généraux, régionaux, à l’assemblée nationale ou au parlement Européen) de s’abstenir sur les budgets d’austérité au lieu de s’y opposer, afin de ne pas être amalgamé à la droite (les refusant pour d’autres raisons que des raisons sociales), d’éviter de soutenir des luttes sociales pour ne pas s’attirer les foudres du PS, ou de se servir des luttes menées – et avortées avant qu’elles ne se radicalisent trop – comme tremplin électoral.   

    Si les propositions qu’il défendra pourront contenir des aspects sociaux tout à fait estimables (mais ce au prix du croissancisme), nous ne nous attarderons pas sur le programme du PCF tant celui-ci peut être à géométrie variable et se résume au final dans le fait de sauver l’appareil. Quant aux sections du PCF se situant dans une ligne oppositionnelle, nous estimons que, du fait qu’elles ne sont ni visibles en tant que fractions publiques, ni reconnues et organisées en tant que tendances irriguant les réflexions et influant sur le programme du PCF, leur action est quasi nulle, et que leurs militants auraient tout intérêt à quitter le parti pour s’organiser ailleurs et autrement.

     

    Front de Gauche :

    Le Front de Gauche, dans de nombreuses localités, devra faire sans le PCF. Voilà qui le met dans l’embarras car le PCF constitue l’essentiel de sa base militante. Restent donc le PG et Ensemble, ce qui ne fait pas lourd pour constituer des listes municipales. Le PG reste marqué par un culte de la personnalité autour du sauveur Mélenchon, ainsi que des relents républicanistes et patriotes insupportables. Au-delà, son programme reste correct bien que très mou, systématiquement modéré de manière incompréhensible pour ceux qui ne perçoivent pas que ce parti est piloté d’en haut par des élites sociales désireuses de préserver leurs privilèges et leur posture hiérarchique dans la stratification sociale. Pourtant, le PG a le don de nous sortir des slogans alléchants et des formules comme « place au peuple », « prenez le pouvoir ! », ou encore dernièrement « Organisons Nous ! ». C'est un bon pas en avant après « indignez-vous! », renvoyant d’ailleurs aux titres des deux ouvrages de Stéphane Hessel. Ces slogans pourraient très bien être aussi ceux du NPA, des Libertaires, du mouvement autonome, de Saul Alinsky. Malgré tout, venant du Front de Gauche, on ne comprend jamais bien ce que ça veut dire. Il y a toujours une dénonciation du pouvoir, mais rien sur la manière de s'organiser, de lutter. On a l'impression qu'il s'agit juste de prendre une adhésion et de soutenir financièrement, ou tout au plus de s'organiser pour faire des collages et des diff de tracts, pour construire le parti, le Front de Gauche, porter son programme aux élections. Mais en attendant, dans les usines, les quartiers, sur cette planète, on crève à petit feu, on se fait laminer par le pouvoir, et ce dont on a besoin, c'est de pouvoir se défendre directement sur le terrain, par des luttes contre le pouvoir. En s'organisant par eux-mêmes, sans attendre de gagner des élections, des gens ont réussi a faire de grands pas en avant à Marinaleda, dans le Chiapas, sans parler des LIP, du mouvement coopératif, des mouvements des droits civiques aux USA, ou ici à Notre Dame Des Landes, dans des SCOP, des quartiers populaires, des foyers de travailleurs migrants. S'organiser pour résister et gagner des avancées sociales dans les boites, les quartiers, la rue, contre le capitalisme et les pouvoirs publics, c'est ce qui nous manque ici. Nos avons tout à gagner à médiatiser ces expériences et ces savoirs-faires. Les élections arrivent et elles seraient l'occasion, plutôt que de dire : nos élus vont faire les choses à votre place, d'articuler ces logiques de transformation sociale, par l'auto-organisation et les luttes sociales, sur les différentes thématiques du mouvement progressiste (emploi, salaires, logement, régularisation des sans papiers, féminisme, anti-fascisme, écologie, démocratie directe, etc.).

     

    LE PIEGE DES LISTES « APOLITIQUES »

    Lors des municipales se présentent généralement un certain nombre de listes apolitiques. Certaines sont des listes dont les couleurs politiques ne sont pas clairement affichées. D’autres sont des listes de citoyens ou de réseaux d’associations qui se constituent contre telle ou telle thématique ou action politique d’une municipalité. Tout d’abord, les listes apolitiques d’ouvertures sont généralement des listes centristes, se situant dans le statu quo dominant. Nous renvoyons donc la critique de ce type de liste à celles du PS, de l’UMP, voire du FN. Ensuite, les listes thématiques sont des pièges parce qu’en se revendiquant apolitiques, c'est-à-dire ici, non affiliées à une formation ou une idéologie politique particulière, elles ne disent rien de leur vision de la politique sociale, culturelle, économique, écologique (hormis les listes écologiques indépendantes), qui sont pourtant des axes fondamentaux de la politique d’une ville. Ainsi, si ces listes obtenaient des élus, elles comportent le risque de défendre tout et n’importe quoi sur le reste de la politique de la ville. D’une certaine mesure, si des listes associatives ou type écologistes indépendant prenaient des positions sur des thèmes non défendus lors de leur campagnes, elles outrepasseraient leur mandat, qui ne devrait se limiter qu’a des prises de positions sur leurs thèmes de campagne. Nous ne sommes pas contre les premiers tours tribuniciens, permettant à tout un chacun de s’exprimer et de manifester ses désaccords, c’est d’ailleurs l’intérêt principal d’une campagne électorale. Cependant, ces listes n’ont vocation qu’à faire des premiers tours et se désister ensuite, tout en maintenant la pression sur les partis en continuant à mobiliser sur leur thème par ailleurs, ce qui lorsqu’il s’agit de thèmes progressistes, est une très bonne chose !

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