• Qu'attend le mouvement social pour occuper la rue ?

    Après quasiment 1an et demi de gouvernement PS, les mouvements sociaux peinent toujours a mettre en place une véritable dynamique de lutte sociale, lassant la rue à la droite et à l’extrême droite. Toutes les raisons de se révolter sont pourtant présentes.

    Le PS mène depuis le début, et comme il l’avait annoncé, une politique d’austérité budgétaire justifiant, a défaut d’affronter le capital, la poursuite des politiques de destruction des acquis sociaux déjà entamée par la droite. Cette politique s’incarne notamment dans mesures telles que l’ANI ou la récente réforme des retraites.

    Si le mariage pour tous, seule promesse ayant débouché sur un acquis réel, a finalement été acté, le PS a laissé tellement d’espace à la droite et à l’extrême droite qu’il a permis la réactivation des pires préjugés homophobes avec le lot d’agressivité qui l’accompagne.

    Sur le plan des mesures écologiques, le projet de rénovation de l’habitat, loin de déboucher sur de nouvelles missions de services public, n’a aboutir qu’a des crédits d’impôts, favorisant d’ailleurs davantage les ménages aisés au détriment des plus pauvres. Quant à l’arrêt de la centrale de Fessenheim, il tarde toujours à être acté, et demeure largement insuffisant quand on connaît le risque de l’énergie Nucléaire, notamment au regard des événements récemment survenus à Fukushima. La seule avancée du mouvement social a été sa victoire partielle à Notre Dame des Lances.

    Enfin, le pire réside dans la politique discriminatoire du ministre de l’intérieur envers les étrangers, en particulier les Roms, exaltant les relents xénophobes et racistes de la classe politique et dans la population, et offrant une certaine légitimité aux propositions de l’extrême droite. De nombreux cas de régularisation de sans papiers n’aboutissent plus. Quant au droit de vote des étrangers, nous pouvons toujours nous asseoir dessus !

    Tout ceci mis bout à bout avec les Politique va-t-en-guerre Syrie ressemble à s’y méprendre aux politiques de défense du Capital en temps de crise, laissant l’attention se polariser sur les ennemis intérieurs et extérieurs que l’Etat s’octroie le monopole de désigner.

    Si toutes les raisons de se révolter sont présentes, il semble que le seul absent de la partie, depuis les dernières présidentielles, soit le mouvement social. Cette absence peut s’expliquer par des raisons multiples : illusion que le PS serait un parti pouvant mener une politique de Gauche, manque de dynamisme syndical, épuisement, sentiments d’impuissance et désespoir des travailleurs. C’est sur chaque point qu’il faut mener la bataille.

    L’électorat du PS se rend bien compte que la politique de gauche, envisagée dans une perspective de sortie de crise et de reprise de la croissance, sera repoussée aux calendes grecques, et que l’austérité tend à s’installer durablement, voire s’approfondir. Le maintien du PS au pouvoir ne tient pour eux qu’a la peur de voir revenir une droite plus dure et décomplexée.

    Le problème du dynamisme des syndicats peut quant à lui s’expliquer à la fois par la compromission d’un certain nombre de directions avec le patronnant et l’appareil d’Etat, mais aussi par le manque de combativité et l’attentisme ressenti au niveau de la base.

    Mais il ne sert à rien de tomber dans le pessimisme et de ressasser continuellement les mêmes problèmes. La solution, pour sortir de l’inertie, consistera d’abord dans une posture allant de l’avant. D’une part, la crise et l’austérité ne sont pas des fatalités. Elles dépendent du rapport de force entre la classe capitaliste et les forces progressistes. D’autre part, nous devons défendre une logique d’espérance du fait qu’un très grand nombre de problèmes sociaux, économiques et écologiques peuvent être résolus à condition de renverser ce rapport de force. Pour cela, il est nécessaire de se défaire des faux amis tels que les directions syndicales dont on attend trop le feu vert et les partis politiques se présentant comme solutions gouvernementales et dont on attend des percées électorales. Enfin, des luttes sociales éclatent actuellement dans des pays plongés dans des situations plus difficiles que la nôtre. Outre la Tunisie, l’Egypte, la Libye et la Syrie, des batailles sociales se sont engagées en Turquie, au Brésil, en Azerbaïdjan, au Soudan… Sans parler des grèves ouvrières au Japon et en Chine, des expériences autogestionnaires en Espagne, en Argentine, ou des résistances dans le Chiapas, qui durent depuis les années 90. C’est à présent à notre tour de réagir.

    Pour cela, il est nécessaire que le mouvement social révise sa conception de la politique, sorte de l’électoralisme et de l’attente d’un bon gouvernement. Il faut en finir avec le mythe de l’Etat Providence, et assumer le fait que le mouvement social, au moins jusqu'à la veille d’une révolution, ne pourra compter que sur ses seules forces et devra s’organiser indépendamment du pouvoir. C’est d’ailleurs lorsque les gens cessent d’attendre des chefs ou des sauveurs et s’organisent pour lutter qu’adviennent les premières victoires. Il n’est ainsi pas étonnant que les luttes contre l’ANI, pilotées par les directions de FO et de la CGT aient échouées, tandis que la lutte de Notre Dame des Landes, plus indépendante en matière de direction, ait abouti au report du projet.

    Ainsi, tout l’intérêt de mettre en place un gouvernement apparemment plus souple, notamment que le gouvernement Sarkozy, qui était quasiment inflexible, réside dans le fait que le mouvement social, en mettant la pression dessus, pourra renouer avec une dynamique de victoires, bloquer des réformes anti-sociales et obtenir de nouveaux acquis sociaux.

    « L'impasse du mouvement pour la VIème RépubliqueComment s'organiser ? »
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