• Sortir de l’euro : le dernier boniment à la mode (AL)

     

    C’est la dernière lubie en vogue dans une certaine gauche étatiste : à bas l’euro ! Il faut sortir de l’euro ! Tous unis – souverainistes de droite comme de gauche – sous la bannière du franc français ! Les technocrates new-look du Front national triomphent...

    L’idée est maintenant répandue, à gauche, de faire de la sortie de l’euro non seulement un enjeu... mais un objectif en soi. La sortie de l’euro serait devenue la condition première de tout changement !

    Ce discours est dangereux. Non seulement il escamote la seule façon de rompre avec le système capitaliste, la socialisation des moyens de production et d’échange, mais en plus il crédibilise les mensonges du FN et entraîne une partie des forces militantes à gauche vers un nationalisme malsain et même des alliances criminelles.

    Un curieux panel

    Qui l’eut cru ? Chevènement, ce visionnaire, avait donc quinze ans d’avance… Dès 1999, son Mouvement des citoyens avait mené une (modeste) campagne d’affiches titrant « L’euro, c’est pas franc »…

    Ce profond slogan semble aujourd’hui devenir le cri de ralliement d’un curieux panel de fachos-dédiabolisés, d’intellectuels à bout de souffle, de neuneus complotistes, de post-staliniens et d’une certaine gauche étatiste dépourvue d’imagination.

    On trouve même des convertis à cette brillante idée dans certaines franges du syndicalisme et de l’altermondialisme, persuadés que plus ils trépigneront contre l’euro, plus ils paraîtront radicaux ! Ou quand la lubie monétariste devient un substitut à la lutte des classes…


    Pour approfondir cette question, lire l’analyse d’Alternative libertaire sur la fausse alternative protectionnisme/libre-échange.


    Chevènement, Dupont-Aignan, Sapir, Onfray et les autres

    Jacques Sapir, l’économiste qui ne déteste pas Poutine, partant du constat que la gauche anti-euro ne peut être majoritaire seule, appelle à créer un « front » sur ce point précis, avec toutes les forces dont les valeurs ne sont pas incompatibles avec celles de la gauche. Il exclut « aujourd’hui » d’y intégrer le FN mais le voit très bien ouvert à Dupont-Aignan (encore lui) !

    Chevènement a d’ailleurs participé à l’université d’été de Debout la France, le groupuscule patriotard de Nicolas Dupont-Aignan pour préparer une alliance aux élections régionales [1].

    Onfray-la-girouette propose, lui, de « fédérer tous les souverainistes des deux bords » [2]. Pour Onfray, la gauche et la droite antilibérales peuvent s’unir en dépassant le blocage des partis (FN, PCF, PG...) pour une candidature gagnante aux présidentielles de 2017. La sienne ? !

    C’était mieux du temps de Raymond Barre !

    Mélenchon suit de près avec son « plan B » qui voit une solution miracle dans le retour aux monnaies nationales coordonnées à l’intérieur d’un Système monétaire européen (SME) renouvelé. Ce nouveau SME (copie de celui des années 1970) permettrait le bonheur des peuples en ouvrant des possibilités négociées et encadrées de faire varier les taux de change, en clair d’opérer des dévaluations monétaires plutôt que de dévaloriser les acquis sociaux. Pouvoirs magiques de la monnaie ! Sauf que les plus anciens se souviennent que le premier plan d’austérité infligé aux travailleurs en France fut réalisé par Raymond Barre, alors Premier ministre de Giscard, justement à l’époque du SME...

    Une monnaie, qu’elle soit nationale ou transnationale, n’est jamais qu’un outil du capitalisme. On peut changer de monnaie, la débaptiser, la rebaptiser et s’en gargariser… la vraie question c’est : qui décide ? Qui possède les moyens de production et d’échange ?

    Les recettes réformistes ne feront pas les solutions d’avenir. La mondialisation capitaliste ouvre la voie pour un véritable internationalisme prolétarien. Si les travailleurs n’ont pas de patrie comment croire à l’utilité des vieilles frontières, des vieilles monnaies ?

    Balayer les frontières et les monnaies

    On pourrait facilement clore le débat en rappelant qu’une vraie révolution sociale, c’est-à-dire l’expropriation des capitalistes, actionnaires et multipropriétaires, balayera d’un coup les frontières et les monnaies, au moins à l’échelle de l’Europe.

    Les rythmes seront bien évidemment plus compliqués, hélas. Aussi il est fort probable que, durant l’affrontement social ouvert par une crise révolutionnaire limitée à un ou quelques pays, la rupture avec l’ensemble des institutions européennes sera inéluctable.

    Le savoir et s’y préparer est une chose. Mais en faire l’alpha et l’oméga de sa politique en est une autre, surtout s’il s’agit de se rapprocher des souverainistes et des fascistes pour y parvenir !

    L’ennemi ce n’est pas la monnaie mais les intérêts bourgeois qui grouillent derrière. Ni franc, ni euro : abolition du salariat !

    Jean-Yves (AL 93), Guillaume (AL Montreuil)

    [1] « Chevènement en piste électorale. L’alliance avec Dupont-Aignan devrait se concrétiser pour les régionales », L’Est républicain, 19 juillet 2015

    [2] Sur France Culture, le 5 septembre

    Un curieux panel

    Qui l’eut cru ? Chevènement, ce visionnaire, avait donc quinze ans d’avance… Dès 1999, son Mouvement des citoyens avait mené une (modeste) campagne d’affiches titrant « L’euro, c’est pas franc »…

    Ce profond slogan semble aujourd’hui devenir le cri de ralliement d’un curieux panel de fachos-dédiabolisés, d’intellectuels à bout de souffle, de neuneus complotistes, de post-staliniens et d’une certaine gauche étatiste dépourvue d’imagination.

    On trouve même des convertis à cette brillante idée dans certaines franges du syndicalisme et de l’altermondialisme, persuadés que plus ils trépigneront contre l’euro, plus ils paraîtront radicaux ! Ou quand la lubie monétariste devient un substitut à la lutte des classes…


    Pour approfondir cette question, lire l’analyse d’Alternative libertaire sur la fausse alternative protectionnisme/libre-échange.


    Chevènement, Dupont-Aignan, Sapir, Onfray et les autres

    Jacques Sapir, l’économiste qui ne déteste pas Poutine, partant du constat que la gauche anti-euro ne peut être majoritaire seule, appelle à créer un « front » sur ce point précis, avec toutes les forces dont les valeurs ne sont pas incompatibles avec celles de la gauche. Il exclut « aujourd’hui » d’y intégrer le FN mais le voit très bien ouvert à Dupont-Aignan (encore lui) !

    Chevènement a d’ailleurs participé à l’université d’été de Debout la France, le groupuscule patriotard de Nicolas Dupont-Aignan pour préparer une alliance aux élections régionales [1].

    Onfray-la-girouette propose, lui, de « fédérer tous les souverainistes des deux bords » [2]. Pour Onfray, la gauche et la droite antilibérales peuvent s’unir en dépassant le blocage des partis (FN, PCF, PG...) pour une candidature gagnante aux présidentielles de 2017. La sienne ? !

    C’était mieux du temps de Raymond Barre !

    Mélenchon suit de près avec son « plan B » qui voit une solution miracle dans le retour aux monnaies nationales coordonnées à l’intérieur d’un Système monétaire européen (SME) renouvelé. Ce nouveau SME (copie de celui des années 1970) permettrait le bonheur des peuples en ouvrant des possibilités négociées et encadrées de faire varier les taux de change, en clair d’opérer des dévaluations monétaires plutôt que de dévaloriser les acquis sociaux. Pouvoirs magiques de la monnaie ! Sauf que les plus anciens se souviennent que le premier plan d’austérité infligé aux travailleurs en France fut réalisé par Raymond Barre, alors Premier ministre de Giscard, justement à l’époque du SME...

    Une monnaie, qu’elle soit nationale ou transnationale, n’est jamais qu’un outil du capitalisme. On peut changer de monnaie, la débaptiser, la rebaptiser et s’en gargariser… la vraie question c’est : qui décide ? Qui possède les moyens de production et d’échange ?

    Les recettes réformistes ne feront pas les solutions d’avenir. La mondialisation capitaliste ouvre la voie pour un véritable internationalisme prolétarien. Si les travailleurs n’ont pas de patrie comment croire à l’utilité des vieilles frontières, des vieilles monnaies ?

    Balayer les frontières et les monnaies

    On pourrait facilement clore le débat en rappelant qu’une vraie révolution sociale, c’est-à-dire l’expropriation des capitalistes, actionnaires et multipropriétaires, balayera d’un coup les frontières et les monnaies, au moins à l’échelle de l’Europe.

    Les rythmes seront bien évidemment plus compliqués, hélas. Aussi il est fort probable que, durant l’affrontement social ouvert par une crise révolutionnaire limitée à un ou quelques pays, la rupture avec l’ensemble des institutions européennes sera inéluctable.

    Le savoir et s’y préparer est une chose. Mais en faire l’alpha et l’oméga de sa politique en est une autre, surtout s’il s’agit de se rapprocher des souverainistes et des fascistes pour y parvenir !

    L’ennemi ce n’est pas la monnaie mais les intérêts bourgeois qui grouillent derrière. Ni franc, ni euro : abolition du salariat !

    Jean-Yves (AL 93), Guillaume (AL Montreuil)

    [1] « Chevènement en piste électorale. L’alliance avec Dupont-Aignan devrait se concrétiser pour les régionales », L’Est républicain, 19 juillet 2015

    [2] Sur France Culture, le 5 septembre

    Source : http://www.alternativelibertaire.org/?Sortir-de-l-euro-le-dernier

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