• Sur les limites de l'analyse économique d'ECR avant 2015

    Durant l'année 2014 et véritablement à partir de 2015 dans ses écrits, ECR s'est orienté vers une analyse plus rigoureuse de l'économie capitaliste. Ainsi, certains la portée de certains textes, antérieurs à cette période, se trouve limitée par ce déficit.

    C'est le cas, par exemple, des textes suivants :

    Et dans une moindre mesure, de ceux-ci (parce qu'ils ne faisaient que survoler la question économique) :

    Ces textes laissent supposer que la crise serait le simple fait d'une prédation capitaliste accrue, de la part des patrons et des banquiers voyons, et que l'économie capitaliste-marchande, en elle-même, pourrait très bien fonctionner sans cette prédation. Les déficits publics, les nécessités structurelles, sont abordées comme résultants de simples choix politiques, et laissent croire à la possibilité d'un capitalisme moralisé. Ils laissent donc percevoir trop de sympathie par rapport aux thèses altercapitalistes.

    Pourtant, nous n'avons jamais affirmé aucune sympathie pour les thèses altercapitalistes (Keynésiennes, antilibérales, régulationnistes, protectionnistes). Nous avons toujours perçu ces thèses comme des volonté de défense ou de relance de la croissance économique, d'un modèle destructeur du vivant et mangeur de temps libre.

    Lorsque nous affirmions, par exemple, qu'il n'existait aucune "nécessité structurelle", il ne s'agissait pourtant pas de parler de souplesse du capitalisme, mais de possibilité de rupture et d'une société qui fonctionne sur une organisation des rapports de production et de distribution émancipés du capitalisme.

    Dans le texte suivant,  

    Nous avons clarifié nos positions quant au Keynésiannisme de gauche. Du point de vue de la question de l'égalité, nous avons affirmé que le Keynésiannisme de gauche était un modèle de relance de la croissance afin de permettre une "redistribution des richesses produites" par le prélèvement, sous forme de taxation, du capital, et non la distribution directe et égalitaire, à/par l'ensemble des producteurs, de la richesse globale produite.

    Cependant, il s'agissait, là encore, d'une critique éthique, et non systémique, de l'économie capitaliste. C'est à dire que le texte pouvait laisser supposer que le capitalisme pourrait continuer indéfiniment, bon an mal an, causant misère et précarité des uns et richesses des autres, jusqu’à atteindre sa limite écologique et sombrer dans une décroissance subie et violente. L'alternative, y compris l'émancipation par rapport au travail, à la marchandise, à la valeur et à l'argent, résidait encore dans simple choix éthique, une préférence existentielle, en tant que sujets déterminés par leur précarité présente et future au sein de la société capitaliste et n'ayant rien à perdre dans une sortie du système. L'alternative éthique pouvait laisser supposer que, par la suppression du droit de propriété individuelle, les producteurs seraient spontanément enclins à s'associer et a dépasser leurs intérêts corporatistes pour développer une société coordonnée, solidaire, égalitaire, radicalement démarchandisée, émancipatrice, visant la satisfaction des besoins fondamentaux de tou-t-es et de chacun-e. Ce n'est malheureusement pas nécessairement le cas, et la gauche altercapitaliste, médiatisée et hégémonique au sein de la gauche, par électoralisme, populisme, ou peur de l'impopularité et de la marginalisation, continue de soutenir la petite propriété atomiste et concurrentielle, ainsi que l'échange marchand qui l'accompagne.

    Depuis lors, en y prêtant une attention plus rigoureuse, et en concentrant notre attention sur la lecture des textes économiques de Krisis, de la Tendance CLAIRE du NPA, en revenant à l'étude des fondamentaux de la critique de l'économie politique développée par Marx, et de nombreux autres textes sur le sujet, nous avons pu constater les ravages provoqués, chez de nombreux militants, et même des organisations, dites "anticapitalistes", qu'elles se disent socialistes, communistes, parfois socialistes anarchistes ou communistes libertaires, non seulement au niveau de la question du droit de propriété (le plus souvent limité aux seules grandes entreprises), mais aussi et surtout par la légèreté de l'analyse de la structure et de la dynamique du capitalisme.

    Cette légèreté prend sa source dans une démission de l'effort analytique, face à la difficulté d'interpréter la capacité de gestion des crises que le capitalisme à développé durant le XXème siècle. La "capacité d'innovation et de récupération" du capitalisme, développée à travers une observation non analytique des différentes circonstances réelles qui ont permis sa relance, tient plus de la mythologie construite à partir du constat empirique que d'une théorie analytique solide. De même que les analyses écologistes optimistes, traversées par une foi aveugle en la science et dans le génie et l'inventivité humaine ; elle ne pas tient compte de l'épistémologie et de histoire des découvertes, et donc du caractère en dernière analyse événementiel des découvertes et des innovations, et donc des possibilités, à priori, que les découvertes n'interviennent pas, ou pas à temps. De ce fait, les thèses de la poursuite de l'économie capitaliste, comme du développement durable, s'inscrivent dans un pari optimiste, faiblement probable et risqué, plutôt que dans un pari plus raisonnable et prudent, recherchant, en considération des hypothèses pessimistes mais plus plausibles, des solutions pour pour préserver et améliorer la qualité de la vie humaine.

    De ce fait, à travers les textes :

    Nous avons entamé une démarche visant à remettre à l'ordre du jour la discussion à propose de la critique de la valeur et la critique de l'économie politique développée par Marx. Ces textes, auxquels ECR essaie de donner une portée pédagogique et compréhensible, ont en partie vocation à sensibiliser les militants aux aspirations anticapitalistes à la compréhension systémique du capitalisme et aux nécessités structurelles justifiant sa sortie et devant être prises en compte pour une sortie réussie.

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