Pour une révolution sociale écologique et démocratique
Les économistes de droite, optimistes, estiment qu’une relance serait possible après une longue période de démantèlement néolibéral, c'est-à-dire, d’attaques continues contre les travailleurs et d’un abaissement conséquent des conditions de vie.
Quant aux économistes de gauche, ils sont partagés. Tous ne développent pas les mêmes analyses de la crise, et ne proposent donc pas les mêmes solutions pour y remédier. Des collectifs comme les « économistes atterrés » et des économistes du monde diplomatique prétendent qu’il s’agit d’un rééquilibrage du capitalisme, où le déclin de l’Europe sera compensé par la croissance dans les pays émergeants. Ils dénoncent un manque de volontarisme Etatique dans la mise en place de politiques d’austérité plutôt que de relance keynésienne. Plus inquiétant encore, ces collectifs revendiquent un ensemble de mesures comme le retour de l’Etat Nation, le contrôle monétaire, la sortie de l’Euro, le protectionnisme, dont on a du mal à distinguer les différences avec le programme du Front National. Les collectifs ATTAC, en dépit de quelques bonnes, mais rares et discrètes, analyses économiques sur la nature de la crise actuelle du capitalisme, se focalisent trop sur les problèmes bancaires et financiers qui ont fait leur fond de commerce. D’autres théoriciens, comme Bernard Friot, réduisent trop rapidement le problème à une simple question de pouvoir, et ne proposent pas grand-chose de plus que quelques changements institutionnels au caractère très idéologique. Enfin, Thomas Piketty, qui a écrit Le Capital au XXIème siècle, passe paradoxalement complètement à côté de l’analyse critique du mode de production capitaliste.
Face à ces impasses, le livre de Wayne Price nous permet de comprendre, de manière assez simple, ce qu’est la critique de l’économie politique développée par Marx, et la manière dont elle peut expliquer le problème du mode de production capitaliste et des crises qu’il engendre.
Ce retour à la critique de l’économie politique de Marx est d’autant plus intéressant que Wayne Price n’est pas un marxiste, mais un libertaire. A contre courant d’une certaine tendance, au sein de l’Anarchisme, à l’excommunication de tout ce qui touche de près ou de loin au marxisme, il tente, comme le fit Carlo Cafiero plus d’un siècle avant lui, de se saisir de ces précieux outils critiques, de les confronter avec la réalité présente, à ses problématiques spécifiques (comme la question écologique) et de les rendre accessibles pour le mouvement libertaire. Cette exploration de la pensée de Marx, contrairement à celle de certains auteurs, anarchistes ou marxistes, tentant d’opérer la synthèse politique et stratégique entre le marxisme et l’anarchisme, est loin d’aboutir à une série de reculs quant à l’exigence libertaire. « L’économie de Marx pour les Anarchistes » nous présente un « Marxisme Libertaire » prenant la forme d’un projet de société et d’une stratégie révolutionnaire anarchiste sans concessions, renforcés par une analyse critique radicale de l’économie capitaliste et de ses effets destructeurs.
Floran Palin
Rédacteur d'Esprit Critique Révolutionnaire, Décroissance Communiste Libertaire, et membre d'Alternative Libertaire.