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Pour une révolution sociale écologique et démocratique

Automation : Fin du travail ? Destruction d'emplois, crise économique...

Un point sur la question du chômage

Pour indices de comparaison, au plus fort de la crise de 1929, le taux de chômage en France – assez épargnée par la crise – était de l’ordre de 15% (24% pour les Etats-Unis), puis de 7% en moyenne durant la grande dépression. Depuis les années 90, le taux de chômage en France est en moyenne de 9%, et il est en progression sur la décennie passée (au dessus des 10%). Il est donc supérieur à celui de la grande dépression des années 30. De plus, les comptabilisations sur la base des normes du BIT (Bureau International du Travail) ne prennent en compte que la catégorie A, et non les catégories B et C, ni le temps partiel subi, ni les contrats précaires, ni les périodes de travail brèves et épisodiques, ce qui relèverait le nombre de chômeurs à plus de 5 millions. De même pour les radiations et les non inscrits, découragés, RSA, et autres, ce qui relèverait le nombre de chômeurs de 4 millions supplémentaires, soit plus de 9 millions. Qu'en sera-t'il si l'on combine les effets de l'ubérisation (salariat quelques heures, à la carte), et ce de l'automation ?

Quand les taux record deviennent la norme

Malgré les analyses économiques tout de même souvent pessimistes (austérité, récession), le taux de chômage actuel semble considéré comme « normal » par les économistes, qui ne parlent pas de « longue » ou « grande » ou « grave dépression ». Or avec de pareils chiffres, on est en droit d’affirmer qu’il s’agit d’une situation économique pire que dans les années 30. Les taux de chômage qu’implique le développement de l’automation dans les études précitées ne concernent pas des périodes épisodiques, mais une situation vouée à devenir permanente. 

Des prévisions encore trop optimistes

De plus c'est sans compter que ces études ne tiennent pas compte de certains facteurs. Tout d’abord, ils ignorent les difficultés commerciales qu'implique une réduction de la demande solvable (moins d'acheteurs = moins de marchandises vendues); les tension concurrentielles, pouvant engendrer des baisses de salaires et une contraction de la demande supplémentaires, et des faillites d'entreprises (donc des destructions d'emploi supplémentaires).

Ensuite, elles ignorent que comme seul le travail vivant crée de la valeur et de la plus value, la baisse du taux de profit engendrée par l'automatisation conduira à une crise de la valorisation du capital aggravée, comme ce fut le cas lors des bonds technologiques précédents – à la différence près que lors des bonds technologiques précédents, la main d’œuvre pouvait être assez facilement réintégrée dans d’autres activités, car les activités manuelles ou mentales de l’homme n’étaient pas a ce point devenues inutiles.

Une crise de valorisation, produisant ses effets statistiques en même temps qu’elle restreint les possibilités commerciales, accentuera la volonté des capitalistes de thésauriser ou d'investir dans des produits financiers (en créant de nouvelles bulles spéculatives) plutôt que dans des créations d’emploi  et une production en perte de rentabilité. Enfin, ignorantes des problèmes écologiques, ou naïves quant à l'efficacité prétendue des solutions du capitalisme vert, elles ne tiennent pas compte des contraintes écologique: raréfaction des ressources matérielles et énergétiques, donc baisse de la production (diminution d'ailleurs nécessaire pour réduire de plus de 90% les émissions de GDS et ainsi éviter de dépasser les 2° de réchauffement climatique), dont les solutions ne peuvent se satisfaire de remplacement de la nature par des technologie, de développement de nouveaux secteurs financiers et de crédits non remboursables. 

Les prévisions d’Oxford ne sont pas si exagérées

En considérant les facteurs propres aux crises systémiques, non pris en compte dans ces études, le niveau de destructions d'emplois et le taux de chômage pourraient être révisés à la hausse, et peut-être valider les prévisions de l'étude d'Oxford d'une destruction de 47% des emplois, ce qui porterait le taux de chômage à de plus de 55%. Et c'est encore sans compter sur l'emploi précaire et son développement potentiel.

Des solutions temporaires 

Bien évidemment, d’un point de vue purement technique, au lien de recourir sans cesse aux crédits et de multiplier les accumulations de dettes non solvables ; en limitant drastiquement les hauts revenus (profits et dividendes), en luttant contre l’évasion, les niches fiscales, en supprimant la TVA (remplacée par un impôt progressif), il serait possible de mettre en place une meilleure répartition des richesses et du temps de travail. Celles-ci, accompagnées d’une meilleure sécurité de l’emploi, et de l’abolition du statut de chômeur, remplacé par un double statut de travailleur en activité et travailleur en formation, permettraient à la population de mieux s’adapter aux évolutions du monde du travail et à l’économie de repartir ponctuellement. 

Voir le problème à long terme

Cependant, cela n’abolirait en rien les problèmes fondamentaux du capitalisme : les difficultés commerciales du fait de l’incertitude de la vente, et de la vente dans des bonnes conditions, résultant de non-coordination des producteurs entre eux du fait de la propriété privée des moyens de production. Cela n’abolirait pas la recherche continue des gains de productivité, notamment par le développement de l’automation, faisant chuter les taux de profits et la masse de valeur produite, tout en déqualifiant régulièrement une partie conséquente des travailleurs. Ainsi, avec les programmes de régulation du capitalisme, il y aurait toujours des inégalités, des chômeurs, des exclus. Il n’y a donc rien à attendre du capitalisme. Il est urgent d'abolir ce système de fond en comble !

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