• Dossier présidentielles 2017 : Une analyse critique des partis et candidats à la présidentielle 2017

    Il est clair que les partis politiques qui présenteront des candidats à la présidentielle ne seront pas en mesure d’apporter des réponses satisfaisantes aux enjeux de notre époque. Autant les politiques menées au niveau de l’Etat ne peuvent avoir d’impact réel si elles ne sont pas menées de manière coordonnée avec celles d’autres Etats ; autant les hommes politiques les plus à même de gagner les élections participent de réseaux d’intérêts, et plus largement sont les agents exécutants d’une classe dont les intérêts divergent avec les nécessités de notre époque ; autant les décisions sociales sont dictées par des dynamiques économiques qui lui sont extérieures et s’imposent à elles. La réponse ne pourra venir que d’en bas, de la capacité de la société à s’organiser indépendamment du politique et de ses institutions.

     

    Les droites

    François Fillon – Les Républicains

    Nous ne traiterons pas ici des affaires d’emploi fictif qui, s’ils sont moralement condamnables, éludent la critique du programme et du projet social de François Fillon. La critique de Fillon est en réalité la critique du néo-libéralisme Thatchérien, dont il s’est ouvertement revendiqué.

    Le néolibéralisme consiste dans le fait de vouloir redresser les taux de profits afin de stimuler l’investissement dans la production et par là la croissance. Pour cela, il s’agit notamment d’augmenter la plus value absolue : de diminuer les salaires, de bloquer la progression des salaires, d’augmenter la durée du travail, sans augmenter les salaires (notamment en ne payant plus des heures supplémentaires majorées). Le problème est que les baisses de salaires, qui ont déjà cours depuis de nombreuses années, n’ont fait que limiter le marché des consommateurs, et ainsi que modifier la nature de la crise, sans pour autant la résoudre. De ce fait, les capitalistes, plutôt que d’investir dans une production de moins en moins rentable, se sont tournés vers les marchés financiers, avec les conséquences que l’on connaît en termes de crises financières et bancaires.

    Le point de vue des néolibéraux est que si ces mesures ont échouées, c’est parce qu’elles n’ont pas été appliquées jusqu’au bout. Il faudrait donc, selon eux, se serrer davantage la ceinture, dégraisser le capital en détruisant la protection et les allocations sociales, assainir les comptes de l’Etat, notamment par la mise en place d’un Etat minimal.

    Il faudrait également stimuler les gains de productivité des entreprises afin qu’elles soient compétitives sur le plan international, ouvrir les marchés pour attirer des investisseurs étrangers. Pour stimuler ce processus, il faudrait permettre aux riches d’accumuler davantage, en allégeant les cotisations sociales patronales et l’impôt sur les grandes fortunes.

    Tout ceci ne pourrait aboutit qu’a une situation où les travailleurs seraient encore plus précarisés par la concurrence internationale accrue et exclus de la production par le développement de l’automation, tandis que des riches devenus encore plus riches thésauriseraient ou dépenseraient leur fortune dans la consommation improductives de marchandises de luxe plutôt que d’étendre massivement la production et le salariat bien rémunéré, et ainsi compenser la baisse du taux de profit par une hausse proportionnellement plus importante de la masse de valeur produite. Cependant, les progrès techniques appliqués à la production et les normes salariales au rabais qu’ils imposent, impliquent de toute façon une baisse du taux de profit accompagnée d’une chute de la masse de valeur produite. Le capitalisme est donc acculé entre deux alternatives de crises : crises de réalisation (pénurie de demande solvable) et crise de valorisation (baisse du taux de profit), prenant alternativement le pas l’une sur l’autre, et qui ne vont qu’en s’aggravant. Il n’y a donc aucun espoir à placer en ce système et toutes les raisons de le changer. Mais les capitalismes, même pour les plus lucides d’entre eux qui n’entrevoient aucune issue optimiste, sont prisonniers d’un confort, d’une série d’intérêts particuliers et de privilèges, qui les incitent, en dépit de sa morbidité à défendre ce système coute que coute, quitte à réprimer le peuple, à le tuer à la tâche, à le faire vivre sous les ponts et à le faire mourir de faim.   De ce point de vue, l’autoritarisme et le sécuritarisme de Fillon sont les bienvenus. Ils garantiront les privilèges de quelques uns au détriment de l’immense majorité.

    Tout aussi problématiques sont son conservatisme moral (notamment soutient des homophobes manifs pour tous), qui préparent un monde austère, empêchant l’extension des libertés. Il en va de même de son écologie inconséquente : extension des marchés, notamment financiers (avec les risques de crises que l’on connaît), sous couvert de green-washing, et de remplacement des services rendus par la nature par des technologies dont les effets pourraient s’avérer pervers, créant alors toute une série de nouvelles dérégulations de la nature, sans pour autant prendre au sérieux les objectifs de réduction drastique des émissions de gaz à effets de serre préconisés par la COP 21, ni les bilans sur le déclin à court terme des ressources fossiles et des métaux.

    Crise économique, augmentation des inégalités, paupérisation, exclusion, péril écologique, conservatisme moral et autoritarisme ; ce projet ne nous apportera rien de bon et doit être combattu ardemment.

     

    Marine Le Pen – Front National

    Tout d’abord, Marine Le Pen est issue d’une famille multimillionnaire dont la constitution de la fortune est douteuse. Que de tels personnalités se présentent comme des candidats du peuple ou des travailleurs relève de l’hypocrisie la plus profonde. D’autre part, elle se présente comme candidate de la moralisation de la vie politique, tandis qu’elle n’est pas en reste au niveau des affaires douteuses, qu’il s’agisse d’évasion fiscale ou d’emplois fictifs. Elle se présente également comme candidate hostile à une caste politique cumularde et carriériste, tandis que, depuis des années elle mène une carrière politique cumulant fonctions de permanente à la tête de son parti, cumul de mandats municipaux, régionaux, et au parlement Européen. Bel exemple, de moralisation de la vie politique. Cependant, nous ne nous attarderons pas sur ces aspects, afin de nous consacrer à la critique de son programme et de son projet politique. Marne Le Pen se présente comme candidate anti-système, mais comme nous le verrons que, comme la plupart des autres candidats, elle fait partie des incarnations du système, elle en constitue une des variantes, n’est qu’une des têtes de l’hydre du capital.

    Le FN gagne une partie de son électorat sur la base d’un rejet superficiel du capitalisme, réduit aux seules dimensions de la mondialisation, de l’Europe, de la finance et des banques, ainsi que de la concurrence étrangère (travailleurs étrangers, entreprises étrangères). Son projet consiste, principalement, dans la fermeture des frontières (barrières douanières pour produits importés, barrières aux migrations de travailleurs étrangers), ainsi que dans le regain de la souveraineté monétaire nationale (afin de contrôler la valeur de la monnaie pour favoriser les transactions commerciales internationales). Une telle politique à pour but de rééquilibrer la balance commerciale du pays, afin de parvenir à un excès d’exportations par rapport aux importations. Cependant, une telle politique ne peut se faire qu’au détriment des autres pays, et par voie de fait, des travailleurs des autres pays, qui sont toujours les premiers à subir les conséquences des difficultés économiques. De plus, les politiques de protectionnisme économique n’ont pas véritablement eu d’effets positifs dans l’histoire (pas plus que le libre échange, voire même moins). Enfin, les politiques protectionnistes entrainent toujours des réactions en chaine, aussi, les effets positifs immédiats se retrouvent annulés à court terme du fait de l’alignement des autres pays sur des politiques similaires. Le protectionnisme économique constitue ainsi une fausse bonne solution.

    Le projet du FN se double également de mesures néolibérales, visant plus de pouvoir patronal, des possibilités de passer outre le code du travail pour imposer des conditions de travail au rabais, des possibilités d’allongement du temps de travail et de report de l’âge de départ à la retraite, qui ne feront qu’aggraver encore le problème du chômage (sans compter aussi la réduction du nombre de fonctionnaires, qui produira les mêmes effets). Le projet du FN n’est donc pas viable. Et d’autant qu’il ne remet en rien en question le système, qu’il ne développe aucune proposition pour supprimer les causes des crises. Ces causes, se sont, d’abord, la propriété privée des moyens de production et l’échange marchand, structure fondamentale du système, à la base de crises commerciales. Ce sont ensuite les problèmes de valorisation liés à la course à la productivité, et supprimant du travail vivant. De surcroit, les problèmes commerciaux, de réalisation de la valeur, et industriels, de valorisation du capital, tendent à dissuader les capitalistes d’investir dans la production. Il en découle une suraccumulation financière, une hausse de la proportion de la consommation de luxe dans la consommation globale, et une tendance, pour amasser de l’argent rapide, à se lancer dans l’actionnariat et la spéculation, ce qui, parce que la valeur des titres se retrouvent infondés du fait des difficultés de l’économie réelle, découle sur des crises financières, du commerce à crédit non solvable et le développement d‘une montagne de dettes. Les banques, quant à elles, du fait de la mauvaise santé de l’économie, sont peu enclines à prêter à des taux d’intérêts bas et tendent à les augmenter pour limiter les pertes. De ce fait, en même temps que croit une dette nette non solvable, croissent également de manière exponentielle les intérêts de la dette. Est donc fausse l’idée que ce sont les manigances des spéculateurs et les arnaques des banquiers qui sont la cause de la crise. Bien évidemment, des spéculateurs magouilleurs et des banquiers prêts à tout pour s’enrichir existent, comme il existe des patrons voyous. Cependant, le système lui-même, peut importe les intentions des uns ou des autres, et même s’il n’était composé que de personnes honnêtes, ne fonctionne pas du fait de sa structure de base elle-même. Il est donc parfaitement illusoire de croire qu’en faisant la peau aux spéculateurs, banquiers et grands patrons, l’économie se portera bien, qu’elle permettra de satisfaire les besoins de tout un chacun. De même, il est parfaitement illusoire de penser que la préférence nationale en matière d’emploi y changerait quoi que ce soit. Comme expliqué, le développement technique appliqué à la production – mécanisation, automatisation, robotisation, programmation informatique, programmation intelligente, usines, 4.0, impression 3D, ubérisation – tend à supprimer du travail vivant, à détruire des emplois (plus qu’il n’en crée). Ainsi, la préférence nationale, au même titre que la méritocratie, le stakhanovisme, l’antisémitisme et l’islamophobie, l’identité de genre et l’orientation sexuelle, n’a pour fonction, du point de vue du capital, que de servir de critère de sélection sociale afin de légitimer des formes d’exclusion sociale, tandis qu’il sert dans le même temps d’outil pour exciter les sentiments de xénophobie, renforcer le sentiment d’appartenance nationale et étouffer l’appartenance de classe. Mais à plus long terme, comme la crise se poursuivra et ne fera que s’approfondir, chacune et chacun risque d’être touché par cette exclusion. Et plus un tel parti s’installera au pouvoir, plus son autoritarisme et son contrôle social sera renforcé, plus les outils de combat social se feront détruire, dissoudre, démanteler, plus les militants progressistes se feront traquer, incarcérer, voire pire. Plus s’installera un conservatisme moral, et moins l’aspiration à l’égalité, à la liberté et à la révolte sera réprimée, face à une acceptation de la misère matérielle et morale, à la limite du sadomasochisme.

    D’autre part, il n’y a pas non plus grand-chose à attendre de ce parti du point de vue écologique. En la matière, le FN ne propose qu’un green-washing inconséquent. L’écologie ne consiste pour ce parti qu’un moyen de promouvoir son fond de commerce traditionnaliste et nationaliste, à travers la défense des terroirs et du cadre national comme prétendu espace optimal de relocalisation de la production et des échanges. Tout ceci n’a pour but que de renforcer davantage son électorat en allant racoler sur le terrain de l’écologie. Mais à défaut d’une diminution conséquente de la production mondiale et des échanges (exportations comprises), c’est la crise climatique, géologique, la pénurie des énergies et des métaux qui se prépare.

    Chômage, misère, crises économiques, crise écologique, tensions internationales, xénophobie, austérité morale et misère existentielle, autoritarisme, contrôle sociale et répression : le projet politique du FN compte parmi les plus viles et le plus abjectes qui soient, à l’exact opposé du potentiel d’émancipation humaine que comporte la société. Il doit être rejeté en bloc et combattu par tous les moyens possibles.

    Lire aussi :

    Pourquoi le Front National ne viendra-t-il pas à bout des crises ?

    http://espritcritiquerevolutionnaire.revolublog.com/pourquoi-le-front-national-ne-viendra-t-il-pas-a-bout-des-crises-a119369982

    La « Nouvelle Ecologie » du Front National : défendre le capitalisme et l’Etat-Nation au détriment des classes populaires

    http://espritcritiquerevolutionnaire.revolublog.com/la-nouvelle-ecologie-du-front-national-a114373986

    Pour plus d’informations sur les mesures antisociales, les gestions désastreuses des municipalités, et les affaires judiciaires des élus et cadres du FN :

    http://www.visa-isa.org/

     

    Nicolas Dupont-Aignan – Debout la France / François Asselineau – Union Populaire Républicaine

    Nous ne développerons pas davantage sur ces candidats, dont les programmes semble emprunter tantôt au FN tantôt aux Républicains. Nos conclusions à leurs sujets sont les mêmes : ces partis sont à côté de la plaque : national ou Européen, il n’y a pas d’espoir social, écologique et démocratique à placer dans le capitalisme.

     

    Emmanuel Macron – En Marche

    Se présentant sous un jour « antisystème », et « révolutionnaire », Emmanuel Macron est en vérité un pur produit du système, un politicien comme les autres, dont le but est de faire décoller sa carrière, et dont le projet politique n’est pas la rupture mais l’accompagnement de la logique délétère du système (on se rappellera, à ce sujet, de l’antisociale et très néolibérale « loi Macron »). Il ne fait que reprendre le siège du centrisme laissé vacant par François Bayrou, le côté vieil idéaliste laissant la place au jeune loup opportuniste. Le projet du centrisme, de Bayrou à Macron, n’a jamais été qu’un néo-libéralisme maquillé d’ouverture culturelle et de promesses sociales futures relevant de la chimère. Il s’inscrit dans la pure continuité de la ligne sociale-libérale du parti socialiste, elle-même empruntée au modèle du parti travailliste de Tony Blair en Angleterre. Le bilan de ce modèle politique n’est pas brillant. Le projet était de remplacer la démocratie par le marché, et de permettre une relance temporaire de l’accumulation capitaliste, afin de constituer une réserve au sein de laquelle l’Etat pourrait de nouveau puiser à long terme pour remettre en place des politiques sociales. Il n’a fait que renforcer l’appauvrissement de la population, dégradant les conditions de vie et mettant en place les bases d’une crise commerciale au niveau du marché intérieur, crise qui, si elle n’a pas dégénérée, ne doit son sursis qu’aux politiques d’exportation sur les marchés extérieurs. Il en découle de l’argent sur-accumulé ne pouvant être réinvesti de manière rentable dans la production, ceci faute d’une demande solvable insuffisante. D’autre part, la course internationale à la compétitivité posant les bases de récessions et de crises industrielles et financières, aggravant encore le problème, à finalement conduit à un rejet massif du libre échangisme à travers le Brexit, solution inefficace de repli protectionniste qui fait déjà déchanter l’Angleterre. Les applications des politiques néo-libérales en France, du tournant de la rigueur de 82-83 pris par Mitterrand, à celles du gouvernement Hollande-Valls-Macron, ne sont guères plus brillantes, et ne présagent aucune sortie de crise, ni aucune amélioration de la qualité de la vie. Ainsi, un tel programme, hormis au niveau de quelques aspects techniques, n’a rien de fondamentalement différent des programmes d’austérité du PS et de l’UMP, qui ont successivement échoué les uns après les autres. Il ne préservera ni du chômage, ni des inégalités, ni des crises économiques et écologiques.

     

     

     Les gauches

    Benoit Hamon – Parti Socialiste

    Après l’échec du gouvernement Hollande-Valls, les électeurs des primaires de la gauche ont majoritairement préféré Benoit Hamon à l’ancien premier ministre. Ce faisant, ils ont choisi de rompre avec une ligne politique axée sur l’autoritarisme, la répression, le sécuritaire (Etat d’urgence prolongé), la chasse aux migrants, le néolibéralisme et l’austérité (ANI, lois Macron, El Khomri), avec une ligne peu ambitieuse concernant les questions écologiques (écologie de façade, greenwashing, capitalisme vert, défense des grands projets inutiles comme Notre Dame des Landes, Sivens, Bure, Roybon), sociétales (Mariage pour tous minimal, notamment concernant les questions d’adoption, PMA, GPA), et démocratiques (non réalisation de la promesse de droit de vote des étrangers).

    Benoit Hamon incarne l’image d’un PS renouant avec la tradition du progrès social (abrogation de la loi travail, réduction des inégalités, développement de la démocratie, notamment en entreprises, laïcité, éducation), tout en faisant face à la modernité (prise en compte plus importante des problématiques liées à l’écologie, l’altermondialisme, au numérique et à l’automation). Cependant, plusieurs problèmes se posent.

    D’une part, la croyance en une possibilité de moralisation du capitalisme, démarche d’autant plus inefficace que cette moralisation serait encore très timorée. Même si Benoit Hamon semble comprendre que le remplacement toujours plus important et accéléré du travail vivant par des machines pose un problème quant à la place centrale du travail (humain) en tant que créateur de valeur, il ne saisit pas correctement ni totalement les causes systémiques réelles des inégalités, de la pauvreté, du chômage, des faillites et des crises du capitalisme. De plus, les solutions qu’il propose (taxe sur les robots, revenu universel), qui plus est à échelle nationale, sont a contre courant de la dynamique (internationale) du capital, qui consiste, pour ne pas être dépassé par ses concurrents à rechercher à tout prix les gains de productivité ou la production au moindre coût. Pour qu’une telle mesure ait une infime chance de fonctionner et de produire des effets sociaux véritablement bénéfiques (et non pas à la marge), il faudrait qu’elle fasse l’objet d’un accord international.

    D’autre part, la croyance dans la capacité d’un gouvernement et d’un parlement de gauche à changer les choses par lui-même relève de la chimère. Ce n’est un secret pour personne que des organismes patronaux comme le MEDEF tiennent les rennes de l’économie et ainsi du pouvoir, sans parler des organes de pouvoir internationaux. Pour leur faire face, une poignée de politiciens ne peut suffire. Il faudrait le concours d’un fort mouvement social, combattif, mobilisé, organisé, et ce dans la durée, pour créer un rapport de force différent. A défaut, c’est encore la désillusion qui attendra les électeurs du Parti Socialiste.

    Lire aussi : Benoît Hamon sur France Inter – quand des membres du PS semblent prendre conscience de la crise structurelle du capitalisme

     

    Jean-Luc Mélenchon – La France Insoumise

    Le Front de Gauche est mort, et il a accouché de quelque chose de pire encore : La France Insoumise. Malgré certains effets d’annonce sympathiques, comme le projet de remonter les salaires, la reconnaissance de la croissance comme problème écologique fondamental, l’idée d’extension de la démocratie, (démocratie participative, plus de démocratie dans les entreprises), le programme est en net recul par rapport à celui du Front de Gauche [1].

    De plus, l’utilisation des symboles issus du folklore national, en plus de leur inutilité totale, loin de « ne pas laisser notre héritage être perverti par le Front National », ne font que polariser le débat autour de ses thématiques. De même, l’accusation portée par la gauche au Front National, comme quoi celui-ci lui volerait son programme, témoigne à la fois d’une méconnaissance des programmes historiques de l’extrême droite, issus du social populisme, surfant sur le Keynésiannisme, la haine des banquiers et des financiers, mais aussi d’une absence de repères dramatique de cette gauche, notamment communiste, qui a depuis trop longtemps oublié son programme. 

    Ainsi, le protectionnisme économique, loin de lutter contre une concurrence internationale injuste, ne fera que renforcer les tensions concurrentielles au sein du territoire. D’autre part, même un programme protectionniste qui réussirait ne consisterait qu’à faire remonter le PIB d’une nation au détriment d’une autre, qu’à favoriser (même de manière timorée), les salarié-e-s d’un pays au détriment de celles et ceux d’un autre pays, et ainsi a renforcer le sentiment de fierté national au détriment de l’appartenance de classe. Une telle mesure, n’est pas de gauche. 

    D’autre part, la tendance à ne traiter que des dimensions monétaires et financières de la crise, à l’acharnement contre les actionnaires, spéculateurs et banquiers, sous-tend :

    Une tendance à croire que la bonne petite économie réelle, le bon petit capital productif, serait pervertie par la méchante économie virtuelle, le grand méchant capital fictif. Une telle approche témoigne d’une méconnaissance profonde des causes de la crise, des rôles respectifs des banques et de la finance dans le capitalisme. En effet, la crise est d’abord due à la défaillance profonde de l’économie réelle. Le capitalisme est un système de propriété privée ou chacun produit de manière plus ou moins aléatoire, sans réelle coordination avec les autres et en concurrence avec eux. C’est aussi un système où la possibilité de satisfaire ses besoins dépend de la vente non-garantie (ni en soi, ni dans des délais suffisants ni a bon prix) des marchandises. C’est encore un système où l’incertitude économique pousse à rechercher sans cesse les gains de productivité pour rester en course. Ce chamboulement régulier du mode de production implique à la fois les faillites de certaines entreprises et une plus grande concentration du capital pour les autres, la suppression du travail vivant, le développement du chômage et de déqualification d’une partie des salarié-e-s, la complexification du travail, l’impossibilité d’en retrouver immédiatement et l’obligation de suivre une formation longue pour en retrouver, sans pour autant en avoir les moyens. Enfin, comme le travail vivant est la source de la valeur et de la plus value, et par là de l’accumulation du capital, sa suppression régulière génère une tendance à la baisse du taux de profit, dissuasive pour les capitalistes qui souhaitent investir dans l’économie réelle. Face à ces difficultés, il n’est pas difficile à comprendre que, d’une part, les capitalistes aient tenté, de redresser les taux de profit par des attaques sur les salaires et des délocalisations (sans succès car réduisant ainsi les possibilités de consommation et remplaçant une crise industrielle de valorisation du capital par une crise commerciale de réalisation de la valeur) ; d’autre part, pour continuer amasser des profits élevés face aux problèmes de valorisation et de réalisation, ils se soient lancés massivement dans l’actionnariat et la spéculation. Enfin, que face aux difficultés commerciales, ils aient encouragés les crédits à la production, à la consommation et les crédits d’Etat, créant ainsi une masse de dettes ne pouvant être remboursée du fait d’une production de valeur insuffisante et en déclin dans l’économie réelle. De fait, les bulles spéculatives basées sur des titres de propriété à valeur infondée ne pouvaient qu’éclater en Krach, les monnaies voir leur valeur en danger, les créanciers être ruinés ou exiger des remboursements rapide ruinant des entreprises et des ménages, et tout cela à cause des difficultés premières de l’économie réelle et de l’impossibilité de trouver, dans le capitalisme, des mécanismes de régulation efficaces et durables.

    L’autre aspect problématique est que Mélenchon et la France Insoumise estiment que le problème viendrait du fait qu’il y aurait de mauvaises instances dirigeantes, dirigées par de mauvaises personnes. Il suffirait dans ce cas de remplacer le vice par la vertu en politique pour que la vie s’améliore. Malheureusement, c’est un peu plus compliqué. En effet, tant que subsiste l’éclatement des producteurs entre eux, l’individualisation des destins par la voie de la réussite économique, les agents économiques livré à eux-mêmes, aussi pétri de bonnes intentions soient-ils, n’ont pas le choix que de se plier à certaines règles, que de n’être que des agents reproduisant un système, que de n’être que des fonctionnaires obéissant à la logique du capital. S’ils décident de s’écarter de ce chemin, qu’ils prennent la voie du refus et de la désobéissance, ils se condamnent à s’exclure eux-mêmes, tout en étant remplacés par toute une poignée de personnes qui attendent qu’une place se libère. Ainsi, le système ne peut être aboli que par un élan collectif, un mouvement social ayant pour but de le détruire de fond en comble et de reconstruire une société nouvelle, émancipée de la propriété privée des moyens de production, de l’échange marchand, de la concurrence, de la course à la productivité et des crises qui en découlent.   

    Face à cela, le programme de la France Insoumise apparaît par trop timoré. Du point de vue programmatique, une limitation des revenus à une échelle de 1 à 20 fois le smic, voire de 1 à 10, même accolée à une limitation des dividendes (encore trop faible), une chasse aux niches et à l’évasion fiscale, des taxes sur le patrimoine, un remplacement de la TVA par de l’impôt progressif, ne suffiraient à remonter significativement l’ensemble des salaires, tout en permettant un financement suffisant de l’ensemble des services de l’Etat, la modernisation des moyens de production et une épuration rapide des dettes (même en supprimant les intérêts de la dette, ou en en renégociant une partie). Même si un tel programme pouvait fonctionner à court terme, la crise économique serait quand même au bout du tunnel.

    Les mêmes interrogations peuvent être soulevées concernant la crise écologique. La méthode consistant à financer le secteur de la réparation environnementale par les crédits ou les prélèvements sur la plus value (d’ailleurs trop inconséquents si l’on regarde la limitation des hauts revenus prévue par la France Insoumise), se heurtera aux mêmes limites, aux mêmes crises économiques que celles de la production industrielle. D’autre part, il ne s’agit pas de maintenir les activités existantes tout en les augmentant par l’émergence d’un grand secteur écologique, auquel cas il s’agirait d’un simple green washing. La France Insoumise le sait bien. Cependant, elle ne comprends pas que la décroissance, si elle constitue une nécessité écologique, est impossible dans le capitalisme, même moralisé, et ne peut, dans ce cadre, que mener soit à une crise économique, soit à une crise écologique, soit aux deux.

    Ensuite, soulignons que, d’un point de vue stratégique, la France Insoumise à tendance à mettre la charrue avant les bœufs. Elle veut ériger une VIème République avant même que les rapports sociaux réels aient changés, elle pose l’affrontement social du point de vue civil, avec comme sujet le citoyen, plutôt que du point de vue social et économique, avec comme sujet les travailleuses et les travailleurs, elle envisage le changement par la voie des urnes avant même d’avoir construit l’ossature sociale, c'est-à-dire un mouvement social puissant, combattif, massif et solidement organisé. Or a défaut d’un tel mouvement, les quelques ministres et parlementaires ne pèseront pas lourd face à la classe dominante et à ses appareils de domination, aussi bien au plan national qu’international. La France à ainsi beau avoir un PIB plus important que la Grèce, ce n’est pas pour autant que des élus du peuple feront mieux que Tsipras et parviendront à s’imposer au niveau Européen et mondial.

    Soulignons enfin le danger que représente le phénomène charismatique autour de la personnalité de Mélenchon. Rien que chez les militantes et les militants de la France Insoumise, il se développe un véritable culte de la personnalité autour de leur leader et de ses textes, quasiment érigées au rang de saintes écritures. Même si celui-ci affiche la volonté de se retirer après la mise en place d’une VIème république, quand bien même ce serait le cas, il est fort probable qu’a la moindre difficulté (difficultés prévisibles en fonction de ce que nous venons d’analyser), le peuple qui l’a élu rappellera son héros,  son sauveur providentiel, pour qu’il assume ses responsabilités et dirige leur Etat providence. Une telle perspective, nuisible du point de vue de l’autonomie individuelle et politique, ainsi que de la démocratie, devrait pourtant alerter du fait de ce qu’elle a pu engendrer comme catastrophes dans l’Histoire. Bien entendu, Mélenchon n’est ni De Gaulle, ni Staline, ni Lénine, mais l’exercice du pouvoir à une tendance à transformer et a corrompre les hommes. Aussi, la lutte anticapitaliste et antiproductiviste ne peut faire l’économie d’une lutte antiautoritaire.

    [1] Le programme de la « France insoumise » : des choix contraires à ce pour quoi nous combattons. Liens :

    http://www.pcf.fr/93807

    http://www.pcf.fr/sites/default/files/leproblemecestleprogramme-rev_0.pdf

    Lire aussi : Changer la société, sans se faire berner, Alternative Libertaire, été 2016.

    http://www.alternativelibertaire.org/?Changer-la-societe-sans-se-faire

     

                Natalie Arthaud – Lutte Ouvrière 

    Tout d’abord, on commencera par souligner que les militants et militants de Lutte Ouvrière sont des camarades, du fait qu’ils sont du côté de celles et ceux qui défendent le projet d’une meilleure société humaine, et qui défendent «  le camp des travailleuses et des travailleurs ».

    Le programme présenté par Lutte Ouvrière propose une meilleur répartition des richesses (SMIC à 1800€ nets, limitation des hauts revenus, taxation des dividendes, suppression des cadeaux fiscaux faits aux riches, lutte contre les niches, la fraude et l’évasion fiscale, paiement de la dette par les capitalistes,  ouverture des livres de comptes, suppression de la TVA, interdiction des licenciements, socialisation des banques et des grandes entreprises.

    Du point de vue des travailleuses et des travailleurs, on ne peut qu’être en accord avec un tel programme dans l’esprit, car il vise l’amélioration des conditions de vie et l’égalité sociale. Cependant, ce programme sous entend que le problème viendrait d’une trop grande prédation des capitalistes sur la valeur produite, qui empêcherait l’économie capitaliste de tourner correctement, de satisfaire les besoins de tout un chacun. Ce faisant, LO ne fait que reprendre les analyses tronquées du Marx de Salaires, Prix, Profits, prônant une limitation des profits capitalistes et l’expropriation des patrons comme forme d’abolition du salariat, sans trop s’étendre sur la nécessaire association des producteurs sans patrons à l’échelle de la société. LO passe ainsi sous silence les apports de la critique radicale de l’économie politique, développée par Marx dans les Grundrisse et le Capital, c'est-à-dire une critique radicale des catégories abstraites et structures concrètes du capitalisme (propriété privée, marchandise, marché, monnaie, valeur, salaires, prix, profits, etc.), et proposant leur dépassement dans une société communiste, où la discussion rationnelle entre producteurs associés, politiquement et matériellement égaux, remplacerait leur domination par « les puissances aveugles des échanges ». Si LO fait bien des allusions à ce projet de société communiste, il s’agit surtout de grandes aspirations, très sommaires, consistant à revendiquer la fin de la propriété privée des moyens de production et de l’échange marchand, sans pour autant expliquer en quoi ce sont ces deux éléments structurels qui constituent le terreaux des crises du capitalisme.

    Ainsi, il y a un décalage profond entre le programme mis en avant d’un côté, et les analyses et le projet de société, trop partiellement évoqués, de l’autre.

    Le programme présente une analyse de la pauvreté, du chômage, et des crises, en termes de sous-consommation des masses par avidité capitaliste, tandis que l’analyse des groupes d’intellectuels contredit ce fait en attribuant les causes de la crise aux nécessaires difficultés commerciales du capitalisme d’une part : nécessité et incertitude de vendre, de vendre a bon prix et à temps, risque d’inégalités, de chômage, de faillite, pouvant par répercussion dégénérer en une crise ; et au développement de la productivité de l’autre : suppression du travail vivant, seule source de valeur et de plus value, et ainsi chômage croissant difficilement résorbable, baisse des taux de profit et dissuasion à l’investissement de l’autre, avec impacts sur les sphères bancaires (multiplication des crédits non solvables) et financière (les capitalistes se tournent vers l’actionnariat et la spéculation, des bulles se créent, leur valeur étant infondée, elles éclatent en krach), ainsi que sur les conditions de rentabilité du capital et les débouchés commerciaux (automation ou délocalisation et dévalorisation de la force de travail à un coût inférieur à un équipement technologique lourd et fortement automatisé de moins en moins coûteux qu’il nécessite moins de force de travail pour sa production, engendrant une pénurie de demande suffisamment solvable pour écouler les marchandises dans de bonnes conditions de profitabilité). De ce point de vue, le programme communiste – la suppression de la propriété privée et de l’échange marchand – en offrant la possibilité de redonner à la production et à la distribution un caractère social conscient, s’avère être le point de départ nécessaire à l’abolition des inégalités, du chômage, de l’exclusion, des faillites et des crises. Il est donc fortement regrettable que LO, et plus largement la grande majorité des organisations anticapitalistes, éludent cette critique sociale sous prétexte de difficulté à la faire comprendre.

    Au-delà des analyses économiques qu’elle choisit de présenter ou de passer sous silence, deux autres problèmes doivent être soulignés : la trop grande indifférence de LO aux questions écologiques et démocratiques.

    Concernant la question écologique, ce n’est pas tant que Lutte Ouvrière soit productiviste, même si certaines brochures du cercle Léon Trotsky témoignent d’un prophétisme scientifique aussi aveugle qu’irraisonné – en effet, même si les arguments selon lesquels la science est orientée par le capitalisme et que dans une approche révolutionnaire, on pourrait lui donner les moyens d’aller dans le bon sens et de faire de bonnes découvertes, LO oublie que les découvertes scientifiques ne sont pas garanties, ni garantie d’arriver à temps, et sont parfois accidentelles, ce qui signifie que l’on ne peut baser un projet de société uniquement sur les découvertes providentielles de la science). Cependant, l’argument principal de LO est qu’il s’agit là de question d’anticipation, qui ne pourra trouver réponse qu’après la chute du capitalisme et de développement d’une véritable démocratie des producteurs associés (du communisme véritable). On ne peut qu’être d’accord avec une telle analyse, même si, du fait que l’on n’a aucune indication sur la date d’une révolution communiste, on ne peut donc savoir si le capitalisme nous laissera une planète vivable au moment où on le détruira, ce qui implique une urgence à préserver le monde vivant et à limiter l’empreinte humaine sur la nature dès maintenant. 

    Enfin, concernant les questions de démocratie, les propositions de LO sont bien vides, ce qui laisse ouvert le soupçon d’autoritarisme. En effet, LO ne parle ni de démocratie directe, ni de mandat impératif, révocable à tout moment, ni d’autogestion sociale, ni de fédéralisme, et ce qu’il s’agisse des luttes, du programme immédiat ou du projet de société. Ainsi, par absence de garanties libertaires, le danger de dérive autoritaire d’une révolution s’en trouverait augmenté.

    La lutte pour le communisme ne peut donc faire l’économie ni de la lutte pour la soutenabilité sociale et écologique, ni de celle pour la démocratie libertaire.

     

    Philippe Poutou – Nouveau Parti Anticapitaliste

    A l’heure actuelle, nous ne savons pas si le NPA parviendra à réunir les 500 signatures, il est d’ailleurs probable que ce ne soit pas le cas. Cependant, ce serait fort regrettable et grave pour la démocratie qu’un parti aussi investi dans les luttes et aux propositions aussi intéressantes ne puisse se présenter – et ce en dépit de ce que l’on peut penser de la stérilité des candidatures ouvrières à la présidence de la république.

    Les programmes, analyses et projets économiques du NPA étant sensiblement identiques à celles de Lutte Ouvrière, nous renverrons les lecteurs à l’analyse des propositions de ce parti. Aussi, nous axerons ici le propos sur les deux autres sujets principalement soumis à débat : l’écologie et la démocratie.

    Contrairement à LO, le NPA témoigne d’une véritable préoccupation pour les questions écologiques. En témoignent tant ses propositions en la matière que son investissement dans les luttes. Cependant, il y a tout de même matière à critique. D’une part, la difficulté pour le NPA de positionner son écologique comme « décroissance » - et plus largement son projet de démocratie écosocialiste comme décroissance communiste libertaire [1]. Au-delà des effets stratégiques de mots d’ordre et de réception populaire des concepts politiques, le projet du NPA témoigne d’une incertitude – incertitude en partie légitime – concernant la question de l’antiproductivisme et de l’autolimitation. D’un certain point de vue, des courants du NPA estiment que l’anticapitalisme – l’abolition des aberrations capitalistes (par exemple, surproduction de marchandises invendables, obsolescence programmée, aberrations sanitaires) – suffirait pour assurer une société métaboliquement soutenable, tandis que d’autres courants sont plus radicaux. Il n’en demeure pas moins que la question antproductiviste est encore abordée en surface, du point de vue de « la production pour la production », ou de la critique du trop grand confort irresponsable, non du point de vue de la décroissance comme nécessité, dont il faudrait envisager les profondeurs possibles pour penser les alternatives du futur. En effet, le NPA aimerait que le choix d’une société technologique, même restreinte, puisse perdurer – ce que nous aimerions également – et n’ose pas aborder l’éventualité même qu’elle serait encore trop insoutenable, ce qui nécessiterait d’abandonner cette alternative. Enfin, si la nécessité de traiter des problèmes écologiques est urgente et ne saurait attendre l’avènement de la grande révolution, la manière dont le NPA envisage d’y faire face, en partie, les problèmes écologiques dans le carde d’une société encore capitaliste, est des plus problématiques. Tenter de résoudre les problèmes de l’écologie par la création d’emplois, que le financement de la transition s’effectue par prélèvement sur la plus value ou a crédit, risque d’une part de ne pas fonctionner, d’autre part, d’entrer en contradiction avec d’autres objectifs, tels que le financement de la santé, de l’éducation, de la réduction du temps de travail sans perte de salaires, où une hausse générale des salaires de 300€ par individu. Et ce sans compter que cette transition s’effectuerait dans une économie où les structures fondamentales du capitalisme, et partant de là, des crises, seraient encore en place et produiraient de ce fait encore leurs effets [2].

    Le second point concerne la posture du NPA concernant la question de la démocratie. De ce point de vue, le NPA est, parmi les partis qui se présentent à l’élection, celui qui développe les propositions les plus avancées : suppression de la fonction présidentielle, mandat impératif et révocable à tout moment, autogestion des entreprises. Il développe également des positions ouvertes concernant la démocratie directe, le fédéralisme [3]. Cela est valable tant pour le fonctionnement d’une société émancipée que pour les luttes sociales. Cependant, ouverture ne veut pas dire position tranchée. Or cette question reste cruciale pour l’émancipation sociale.

     

    [1] Lire : Pour une Décroissance Communiste Libertaire, Chapitre I, de quoi l’écosocialisme est-il le nom ?

    http://ekladata.com/_8SfN16fJd08Bz_mlk8ADa_bCvk/Pour-une-Decroissance-Communiste-Libertaire.pdf

    [2] Lire : Economie et Ecologie : à la croisée des crises – critique de la valeur et critique de la croissance.

    http://decroissancecl.revolublog.com/economie-et-ecologie-a-la-croisee-des-crises-critique-de-la-valeur-et--a125784994

    [3] Par exemple, Olivier Besancenot & Michael Löwy, Affinités Révolutionnaires.

    Lire aussi : Le NPA peut-il devenir l’organisation de l’émancipation révolutionnaire au XXIème siècle ?

    http://espritcritiquerevolutionnaire.revolublog.com/critique-du-npa-a113953590

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